Le plastique, c’est fantastique. Pas question donc pour la mairie de Bordeaux de remettre en question le remplacement des assiettes en verre par de la vaisselle en copolyester (ou Tritan), effectif dans toutes les cantines scolaires de la Ville depuis janvier dernier. C’est ce qu’a martelé ce lundi Alain Juppé en amont du conseil municipal, dégainant au passage une note de ses services.
Car la polémique déclenchée par des parents bordelais a atteint un écho médiatique national ces dernières semaines, et une pétition lancée par leur collectif frôle les 2000 signatures. Mais le maire n’en démord pas :
« Pour 100% des enfants interrogés lors d’une étude menée en janvier, c’est plus léger, plus ludique et moins bruyant. »
Alain Juppé rappelle que ces assiettes, moins lourdes à porter (leur poids est quatre fois inférieur à celui des anciennes assiettes en verre), sont censées réduire les troubles musculo-squelettiques du personnel. Incassables, elles « présentent moins de dangers que le verre brisé » et « ne contiennent ni phtalates ni bisphénol A » (BPA).
Incertitudes
Bon, certes, concède le maire, « il demeure une incertitude sur les perturbateurs endocriniens », ces substances chimiques susceptibles de modifier le comportement hormonal… Une étude de l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), réalisée en 2013, « ne dit pas que c’est dangereux, mais qu’elle ne sait pas », ajoute Alain Juppé.
Le Collectif pour une cantine sans plastique relaie de son côté un article de L’emballage écologique, selon lequel les recherches menées par Eastman, le fabriquant du Tritan, montreraient qu’une de ses composantes, le phosphate de triphényle (TPP) a une activité œstrogénique plus importante que le BPA.
Aussi, la mairie de Bordeaux dit « être à la recherche d’un laboratoire indépendant qui pourra réaliser ces analyses ». Les premières auront lieu à l’automne 2017 sur la vaisselle de la maternelle Naujac, la première à avoir testé ces assiettes, en 2015. Il s’agira notamment de vérifier si la vaisselle, dont la durée de vie est officiellement de 4 à 5 ans, ne se dégrade pas trop après 2 ans d’utilisation. La Ville insiste par ailleurs sur le fait que les assiettes ne passent pas au micro-ondes pour chauffer les aliments.
Une réunion le 10 avril
Mais pourquoi ne pas faire valoir le principe de précaution et attendre ces conclusions, a demandé en conseil municipal l’élue écologiste Delphine Jamet ?
« En 2007, quand je demandais si les biberons de mes enfants contenaient du bisphénol A, on me riait au nez, et on me suggérait de revenir au verre. Bordeaux devra admettre un jour l’absurdité du tout plastique. »
Cela n’en prend pas le chemin. Si Emmanuelle Cuny, adjointe en charge de l’éducation, recevra bien le Collectif pour une cantine sans plastique, le 10 avril prochain, il s’agira plus d’informer les parents que de faire des concessions, a précisé le maire.
De nouvelles écoles à la rentrée 2017
Pour faire face à l’afflux de nouveaux écoliers – un millier attendus à la rentrée 2017 -, la Ville de Bordeaux va créer plusieurs groupes scolaires. Deux délibérations ont été votées en ce sens lundi au conseil municipal, notamment pour accueillir les enfants des Bassins à flot, quartier où la situation est particulièrement tendue.
A l’instar de l’école Jean-Jacques Sempé provisoirement installée au Jardin de ta soeur, une école primaire modulaire pourra accueillir jusqu’à 10 classes dans le même secteur, à Alfred Daney. Un autre groupe scolaire de 6 classes sera lui ouvert avenue Abadie, sur la rive droite, également dans des algecos. Enfin, une école élémentaire, en dur celle-ci ouvrira rue Barbey. Elle est prévue pour 9 classes.
La Ville a par ailleurs voté la réalisation du groupe scolaire BAF 2 (Bassins à flot), rue Delbos, prévu pour 14 classes et 400 élèves.
Chargement des commentaires…