Augmentation des squats : la métropole bordelaise 3e du podium national
Société 

Augmentation des squats : la métropole bordelaise 3e du podium national

La dernière étude de la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL) recense en Gironde 1125 personnes vivant dans 103 « bidonvilles » dont 1 101 sur la métropole bordelaise. Les chiffres seraient bien plus élevés selon les associations.

Que l’on dise « bidonville » ou « squat » ou « friche », ces sites occupés sont en augmentation sur le territoire français selon la dernière étude de la Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (DIHAL) datant de juillet 2018. Comparée à la précédente étude de décembre 2017, soit 8 mois, l’augmentation est de 13% en Gironde.

Cette enquête fait état d’environ 16 090 personnes dans toute la France (5 357 en Ile-de-France, 10 733 hors Ile-de France) vivant dans 497 sites.

Si ces données révèlent une augmentation de 1265 personnes (+ 9%) entre fin décembre 2017 et fin juin 2018, l’augmentation s’explique principalement, selon l’étude, par la participation de sept nouveaux départements au recensement qui cumulent à eux seuls 996 personnes, soit 79% de l’augmentation.

Cependant, 4 186 enfants mineurs (représentant 26% des personnes vivant en campements) ont été recensés sur les 308 sites pour lesquels cette donnée a été renseignée. En revanche, l’étude souligne un nombre de sites à la baisse avec moins 74 sites, soit de 13%.

Bordeaux Métropole sur le podium

Parmi les métropoles les plus concernées par la présence de bidonvilles, Bordeaux Métropole est à la troisième place avec 1 101 personnes, après Nantes Métropole (1 894 personnes) et Métropole Aix-Marseille Provence (1 236 personnes).

De point de vue départemental, la Gironde arrive à la quatrième place des départements concernés par l’augmentation avec 1125  personnes, soit 131 personnes. Le département étant premier de la Nouvelle-Aquitaine devant la Haute-Vienne, Vienne et Charente-maritime. En plus des « squateurs » de la métropole, la Communauté de communes Jalle-Eau-Bourde accueillent 20 personnes sur un site, et la Communauté d’agglomération du Bassin d’Arcachon Nord, 4 personnes sur un site.

Faisant partie des cinq départements les plus concernés, la Gironde est derrière la Seine-Saint-Denis, la Loire-Atlantique, et les Bouches-du-Rhône.

Sur la Métropole bordelaise, Bègles est en tête avec 388 personnes sur 24 sites, Bordeaux 374 personnes sur 32 sites, suivis de Floirac (84 personnes/7 sites), Mérignac (79 personnes/12 sites), Cenon (48 personnes/5 sites), Pessac (39 personnes/4 sites), Villenave d’Ornon (37 personnes/3 sites), Eysines (22 personnes/6 cites), Cestas (20 personnes/1 site), Talence (13 personnes/4 sites), Gradignan (9 personnes/2 sites), Ambarès-et-Lagrave, Arès et Le Bouscat (4 personnes/1 site chacun).

Sur les 103 sites de la Métropole, 56 sites (renseignés) comptabilisent 279 mineurs.

Chiffres sous-estimés

Ces calculs sont faits sur la base des données communiquées par les correspondants départementaux de la DIHAL.

« La collecte des données par les correspondants départementaux de la DIHAL impose la prudence dans l’analyse et l’utilisation de ces données, en particulier dans l’appréciation des variations d’un recensement à l’autre et dans la précision des données », précise la Dihal qui ajoute : « L’enquête présente une photographie à un instant T d’une situation qui évolue régulièrement. »

L’étude souligne que parmi la population de ces bidonvilles, 19% (95 sites) sont des ressortissants extra-UE.

Pour les associations, les chiffres semblent bien plus importants. Maxime Ghesquière, président de Dynam’eau – association qui a pour objectif d’apporter une aide aux populations en difficultés dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et de l’environnement –, évoque 1154 personnes recensées sur… 27 sites seulement, dont 280 enfants.

Chez Médecins du monde, Morgan Garcia, confirme une méthodologie peu fiable qui, lors des recensements la journée, ne tient « pas compte de ceux qui sont au travail ou des enfants qui sont à l’école ».

Débat

Dans le cadre de la programmation Bienvenue, Rue89 Bordeaux propose un débat : « Le squat, substitut de l’Etat pour l’accueil des migrants ? ».
Mardi 9 avril à 18h à l’Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine (IJBA).
Avec :
• Emmanuelle Ajon, vice-présidente chargée de la Promotion de la santé et protection de l’enfance au conseil départemental de la Gironde
• Amélie Cohen-Langlais, vice-présidente du CCAS et adjointe au maire de Bègles déléguée aux Solidarités et à l’Habitat
• Morgan Garcia, Mission squat Coordination Régionale Médecins du Monde
• Maxime Ghesquière, association Dynam’eau
• Jean-François Traumat, Comité d’Animation Lafontaine Kleber (CALK)

L'AUTEUR
Walid Salem
Walid Salem
Co-fondateur de Rue89 Bordeaux et directeur de la publication

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