L’Europe, vous et moi (8) : Stéphane Saubusse pour les Etats-Unis d’Europe
Politique 

L’Europe, vous et moi (8) : Stéphane Saubusse pour les Etats-Unis d’Europe

A J-3 des élections européennes, Rue89 Bordeaux vous présente certains candidats parmi les 33 listes en cours. Nous évoquons avec ces locaux de l’étape l’impact concret des politiques de l’Union sur leur quotidien, et celui des Néo-Aquitains. Aujourd’hui, trois questions à Stéphane Saubusse, président du groupe Génération.S-EELV au conseil départemental de la Gironde, et 12e de la liste .

Pilier d’Europe écologie-Les Verts pendant 25 ans – il a notamment été secrétaire régional d’EELV Aquitaine de 2011 à 2016 -, Stéphane Saubusse a fait campagne comme (presque) tout son parti pour Benoît Hamon à la présidentielle de 2017. Le conseiller départemental médocain a ensuite décidé de suivre l’ancien ministre socialiste dans l’aventure Génération.S., avec la foi dans la « refondation de la gauche ».

La candidature de Stéphane Saubusse a ensuite été retenue pour figurer en 15e position de la liste Printemps européen, au titre de son combat pour l’usine Ford de Blanquefort – c’est la deuxième participation à ce scrutin du proviseur adjoint dans un lycée, et sa 16e candidature toutes élections confondues. Si les sondages donnent pour l’instant la liste Printemps d’Europe en deçà des 5% nécessaires à l’élection d’un eurodéputé, Stéphane Saubusse défend son projet fédéraliste.

Rue89 Bordeaux : Quelle relation personnelle entretenez-vous avec l’Union européenne ?

Stéphane Saubusse : Je suis un fédéraliste convaincu, favorable aux Etats-Unis d‘Europe. Ce n’est pas une idée neuve puisque j’ai le même point de vue que Victor Hugo ! L’Europe est mon pays, plus que la France. Je parle plusieurs langues européennes – l’anglais, l’allemand, le portugais que j’ai appris à l’ESSEC, et le grec moderne, appris à l’université, et amélioré lors de mes nombreux voyages en Grèce. Issu d’un milieu ouvrier, et pur produit du sud ouest, j’ai toujours bénéficié d’une éducation très ouverte, pour être un citoyen du monde.

C’est pourquoi la proposition de Benoît Hamon de créer une citoyenneté européenne me convient tout à fait. Et pour faire face aux graves problèmes environnementaux et sociaux auxquels nous sommes confrontés, l’Union européenne est la bonne échelle. On doit donc aller plus loin en matière d’intégration économique et fiscale, en finir avec la règle de l’unanimité au Conseil européen (la réunion des chefs d’Etats et de gouvernement, organe exécutif de l’UE, NDLR), et tout doit se décider au niveau du Parlement européen.

On accuse souvent l’Europe d’être trop éloignée de la vie des citoyens. Quelle mesure a selon vous eut un impact particulier, bon ou mauvais, sur le quotidien d’un Bordelais ou d’un Néo-Aquitain ? 

Schengen, c’est clair, et la libre circulation des personnes. On peut en faire expérience tous les jours. Quand j’étais enfant c’était compliqué d’aller en Espagne et en Angleterre. Aujourd’hui, rien de plus simple, c’est un vrai progrès.

Dans mon quotidien d’élu, nous avons également les projets Leader (liaison entre actions de développement de l’économie rurale), financés par l’UE, pour l’équilibre territorial en Gironde. C’est le cas du marché de producteurs à Cissac, qui permet de promouvoir les circuits courts et l’agriculture bio. C’est un petit projet, mais qui a son importance localement. Le programme d’économies d’eau MAC Eau a aussi été financé par l’Europe, et s’est traduit par une réduction significative de la consommation chez les citoyens touchés.

Stéphane Saubusse (DR)

Maintenant, l’Europe telle qu’elle est ne nous convient pas forcément, notamment son principe clé de concurrence libre et non faussée. Cela a des conséquences dramatiques en mettant nos industries et nos agriculteurs en concurrence avec des produits loin de nos standards de qualité. D’où la nécessité d’aller plus loin. L’Europe n’est pas bonne car elle est insuffisante.

En quoi voter pour votre liste pourrait changer cela ? 

Il faut changer de braquet. Notre programme est innovant et radical, c’est ce qui nous distingue des autres. Lors d’un des débats télévisés, Benoît Hamon par exemple est le seul à avoir répondu « oui » au transfert à l’UE du siège permanent de la France aux Nations Unies.

L’autre différence, c’est qu’on mène de front les combats pour la démocratie, pour l’écologie et contre les inégalités dans le cadre d’une alliance, le Printemps européen, conduite par notre tête de liste Yanis Varoufakis, l’ancien ministre grec des finances qui se présente en Allemagne. Notre programme est partagé avec 14 partis de 10 pays différents.

Si on est élu, on siègera dans un groupe qui ne transigera pas avec les libéraux et les nationalistes. A l’échelle nationale, nous sommes très proches des écologistes, mais il est tout à fait normal pour d’autres membres parti vert européen de s’allier avec les libéraux qui vont défendre des politiques d’austérité. Leur positionnement, comme celui des socialistes européens, est variable en fonction des sujets.

Nous sommes la liste la plus fédéraliste, qui est en même temps contre l’austérité, avec une gouvernance monétaire et économique de la zone euro par le parlement, et pour une écologie de rupture. Et pour changer l’Europe, nous proposons une assemblée constituante, afin que la future constitution émane du peuple et ne soit pas le résultat d’un accord entre Etats.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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