Les « décrocheurs » girondins de Macron condamnés, leur peine suspendue au retour des portraits
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Les « décrocheurs » girondins de Macron condamnés, leur peine suspendue au retour des portraits

Jugement inédit dans la série des procès de militants écologistes d’ANV-COP21 : le tribunal de grande instance de Bordeaux a condamné pour vol en réunion les huit « décrocheurs » girondins. Mais il ajourne au 14 février 2020 leurs peines, qui seront suspendues si les portraits du président de la République sont rendues aux quatre mairies concernées.

Le tribunal de Bordeaux a condamné ce vendredi les huit activistes d’ANV-COP21 poursuivis pour le « vol en réunion » de quatre portraits d’Emmanuel Macron.

Le président du tribunal de grande instance (TGI), Alain Reynal, a rejeté l' »état de nécessité » invoqué par les avocates de la défense lors de l’audience, le 13 décembre dernier

« Le tribunal n’est peut-être pas très intelligent mais il ne pouvait établir un lien entre l’urgence climatique indéniable et la nécessité de subtiliser le portrait de M. Macron. »

Contrairement à d’autres tribunaux, la cour bordelaise a écarté la relaxe, et jugé coupable de vol en réunion les huit militants d’ANV-COP 21, qui avaient dérobé des portraits du président de la République dans quatre mairies du bassin d’Arcachon (Audenge, Le Teich, Gujan-Mestras, Biganos).  Il a également condamné quatre d’entre eux pour refus de prélèvement d’ADN.

Empreinte écologique des portraits

En revanche, à la surprise des prévenus, Alain Reynal a décidé d’ajourner le prononcé de la peine au 14 février 2020 à 14h. Si les quatre portraits sont rendus aux quatre mairies, les huit accusés seront dispensés de peine – 500 euros d’amende requis -, et d’inscriptions au casier judiciaire et au fichier national des empreinte génétiques.  

« Si les portraits ne faisaient pas leur réapparition, vous vous exposez à une peine qui sera probablement légère », mais qui ne pourra être effacée, a prévenu le président du tribunal.

« Ils devraient être facile à retourner, mais faites en sorte que l’empreinte écologique soit minimale », a-t-il précisé, ordonnant par ailleurs la restistution des ordinateurs et portables sous scellés. 

« Chantage »

« C’est un léger chantage auquel on peut d’ores et déjà dire qu’on ne rendra pas les portraits, sauf si Emmanuel Macron prend des mesures concrètes et radicales d’ici le 14 février », a déclaré dans la foulée Aurore Doubisse, une des huit prévenues.

Elle a rappelé que l’objectif de cette action était de rappeler au président de la République les engagements pris par la France à la COP 21 pour lutter contre le changement climatique, et non tenus depuis. 

« M. Macron ne s’est même pas déplacé pour la COP 25 à Madrid, c’est un signe d’échec, on n’a pas peur de le dire. Le changement climatique est déjà là comme le montre les records de température en Australie, on ne peut plus repousser l’action à demain. »

Pourtant, les militants nourrissaient l’espoir d’une relaxe par le tribunal de Bordeaux, « dont le président a prêté une oreille attentive et avait déclaré être signataire de la pétition de l’affaire du siècle », pointe Thomas Albarran, un des huit inculpés.

« Ce n’était pas le cas de ses assesseurs, dont l’un d’eux a estimé que si Bordeaux connait une pénurie d’eau potable dans 10 ans comme l’affirment certains spécialistes, on boira du vin rouge. »

Les militants « s’attendaient dans tous les cas à être au début d’un long combat ». Ils donnent rendez-vous le 14 février pour l’annonce de leurs peines.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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