« Ne laissons pas ce média mourir »… Lettre ouverte aux amoureux de la presse
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« Ne laissons pas ce média mourir »… Lettre ouverte aux amoureux de la presse

« Nous sommes nombreux à vouloir un autre modèle de consommation, sur le modèle du « moins, mais mieux », Rue89 Bordeaux s’inscrit très exactement dans cette logique », estime Jean Berthelot de La Glétais, président du Club de la presse de Bordeaux.

Chères amies, chers amis,

Comme moi, comme nous, vous aimez la presse.

Vous ne l’aimez pas comme un tout, bien sûr, vous l’aimez partiellement. Parcellairement, peut-être, même, parce que vous êtes déçu par certains médias, certains journalistes, parce que vous trouvez que le traitement de l’information n’est pas assez approfondi, trop partisan, peut-être, trop proche du pouvoir, trop angoissant, trop…

Mais vous l’aimez si, sur les douze derniers mois, un article vous a ému, si un reportage vous a éclairé, si une interview vous a fait rire. Vous l’aimez par principe, peut-être, parce qu’une Société sans presse libre est une Société totalitaire, effrayante, morte déjà.

Ces dernières années, on assiste dans le domaine de la presse à de petites révolutions ; des médias traditionnels résistent, d’autres ferment, certains se renforcent. De nouveaux médias émergent, meurent aussitôt ou, au contraire, se stabilisent.

Dans cette catégorie, des médias nouvellement créés, il est assez frappant de constater le nombre de paris faits sur la qualité ; formats longs, indépendance, rigueur sont la marque de Médiacités, des Jours ou du Huffington Post, de mon point de vue et pour ne citer que les pure players.

À Bordeaux, nous sommes servis ; Aqui, la Revue Far Ouest ou Rue89 ont leurs qualités comme leurs défauts mais complètent efficacement le travail des titres traditionnels.

Sauf que… sauf que la qualité a un prix, et qu’il est élevé. Aujourd’hui, Rue89 Bordeaux est menacé de disparition ; d’ici la fin de ce mois de janvier, s’il n’a pas trouvé 200 abonnés supplémentaires, il mettra la clef sous la porte.  Parce que ses créateurs, qui se paient à peine, parce que les pigistes, qui ne sont pas rémunérés à la hauteur de ce qu’ils devraient être, ne poursuivront pas l’aventure dans ces conditions.

Eux perdront une source de revenus, même insuffisante. Nous, amoureux de la presse indépendante, nous perdrons bien plus que cela. Par ses enquêtes fouillées, par son ton propre, par son intransigeance parfois, Rue89 Bordeaux a su trouver sa place et proposer une information de qualité.

Nous sommes nombreux à vouloir un autre modèle de consommation, sur le modèle du « moins, mais mieux ». A être prêts à payer, aussi, un peu plus cher pour de la qualité. Rue 89 Bordeaux s’inscrit très exactement dans cette logique. Amis amoureux de la presse, de Bordeaux ou d’ailleurs, ne laissons pas ce média mourir.

Abonnez-vous avant le 31 janvier 2020 pour permettre à Rue89 Bordeaux de continuer, cliquez >>> ici <<<

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