Allaouia Berrahma, candidate à Bordeaux au nom de ceux qui ont « le seum »
Politique 

Allaouia Berrahma, candidate à Bordeaux au nom de ceux qui ont « le seum »

Dix listes ont été déclarées à la préfecture pour les élections municipales bordelaises. Parmi celles-ci, « Aujourd’hui et demain, ensemble, Bordeaux est à vous ! » est menée par Allaouia Berrahma. La candidate, issue de l’immigration et habitante à La Benauge, veut surtout redonner le goût de la politique aux jeunes et montrer l’exemple.

Dans la salle Point du jour à Bacalan, tout le monde s’affaire pour mettre les dernières touches à la soirée prévue par l’association « Maman tu es belle ! ». Un dernier détail est à régler, le percolateur à café. C’est la présidente de l’association, Allaouia Berrahma, qui est chargée de le porter. Elle n’est toujours pas là.

Ce vendredi 28 février, Allaouia Berrahma est par monts et par vaux. Elle a bouclé sa liste de conseillers et sa candidature à la mairie de Bordeaux est déposée. En attendant son arrivée, personne ne veut commenter sa candidature. Entre mini pizzas et pastillas au poulet, on entend tout juste :

« Mais bien sûr qu’on va voter pour elle ! Quelle question ! »

Fille des cités

Quand la candidate franchit la porte, c’est un tourbillon d’énergie qui se faufile dans la salle polyvalente de Bordeaux Nord. D’un coup œil, elle supervise, elle jauge, elle évalue, elle s’assure que tout aille bien. Elle a un mot pour tout le monde. Et enfin, pour l’entretien, « je suis vraiment désolée, je ne vais pas avoir le temps. Je dois encore aller à la préfecture pour fournir les dernières attestations ». Une photo ? « Non plus, vous avez vu quand quel état je suis ? Je ne suis pas apprêtée et ce n’est pas possible. »

Tout ira finalement pour le mieux. Devant les barres de Bacalan, la candidate est chez elle, comme elle est chez elle à la Benauge et aux Aubiers. C’est une fille des cités. Elle s’y reconnaît et ne trouve pas mieux pour dire qui elle est. C’est bien mieux que mille apprêts.

« Je veux parler aux jeunes d’ici et de toutes les cités. Je veux leur dire que tout est possible. Être candidat, être maire, c’est un droit pour tout le monde et tous ici peuvent avoir cette ambition. Je veux être un exemple mais aussi faire un signe aux autres candidats pour dire qu’on existe, qu’on a des choses à dire, et qu’on veut les dire. » 

A 45 ans, celle qui rit en disant qu’elle est arrivée en France « à dos de chameau », à l’âge de 10 ans, cette fille d’un ouvrier algérien qui a fait venir sa femme et ses neuf enfants dans les années 1980, cette ancienne employée de… la mairie de Bordeaux, a un discours qui fait mouche.

« Les jeunes des quartiers ont le seum. Si j’arrive à me faire entendre de tous ici, je fais 15% » lâche-t-elle en riant. « Et après, je négocie des emplois pour tous. »

Jeunes mobilisés

Dylan y croit. 20 ans, pizzaiolo, il est des premiers mobilisés derrière Allaouia Berrahma. « Elle m’a connu petit. Elle me parle comme une maman, comme une tatie. Peu importe qui vous êtes, elle vous prend comme vous êtes. Derrière elle les jeunes se mobilisent, c’est ça qui dingue. » Le bras droit de la candidate ajoute :

« Depuis 2007, j’ai su que je voulais faire de la politique. Je suis allé dans des meetings avec David Douillet et Nadine Morano. Ma famille vote à droite. Mais là, j’ai ma vision des choses. J’ai rencontré Pierre Hurmic, Nicolas Florian… il n’y a qu’avec Allaouia Berrahma qu’il est possible de faire avancer les débats. S’il y a autant de listes qui veulent bouger les choses, c’est qu’il y a des choses à bouger. »

Le reçu de dépôt de la candidature (WS/Rue89 Bordeaux)

Devant l’écran de l’ordinateur, Allaouia Berrahma règle les dernières formalités. Dylan jette un dernier coup d’œil sur le programme. Titré en grand, « Nos priorités : l’emploi, la sécurité, l’éducation, la propreté ».

Promesses

Les promesses ? En vrac : une meilleure communication entre les quartiers grâce à la politique d’aménagement et de transport, la création d’un pôle de formation professionnelle, un temps éducatif municipal, des repas à la cantine 100% bio, des amendes dissuasives pour assurer la propreté de la ville, l’adaptation des horaires des crèches à ceux du travail des parents, l’ouverture des médiathèques en soirée, le doublement des effectifs de la police municipale et la multiplication des caméras de vidéosurveillance…

Pour en parler, la candidate invite les Bordelais à sa rencontre le mercredi 11 mars à la salle cantonale de La Benauge à 19h30, et le lendemain 12 mars à la salle Point du jour à Bacalan à 16h. Allaouia Berrahma prendra la parole au nom de ceux qui pensent ne pas y avoir droit.

L'AUTEUR
Walid Salem
Walid Salem
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