Un nouveau squat ouvert à Bordeaux pour « soulager les autres lieux saturés »
Société 

Un nouveau squat ouvert à Bordeaux pour « soulager les autres lieux saturés »

60 personnes sont attendues dans un ancien Ehpad ouvert ce samedi rue Gravelotte à Bordeaux : des familles de La Zone libre, saturée, et d’autres d’un squat à Mérignac évacué récemment.

« Bienvenue chez vous » lance Kiko aux femmes et hommes qui passent le portail de l’ex-Ehpad Amaryllis à Bordeaux. A 14h ce samedi, ce bâtiment vide rue Gravelotte a été investi par une dizaine de citoyens pour y installer des sans-abri. Les lieux, « vides depuis des années », seraient tout juste vendus à un promoteur immobilier.

18 familles sont déjà prévues dans les 27 chambres dispersées sur trois étages. Elles sont Albanaises, Géorgiennes, ou Maghrébines.

« On est déjà plein ! Alors qu’on a voulu ouvrir ce lieu pour soulager les autres lieux saturés, précise Kiko. On attend 60 personnes dont une vingtaine d’enfants qui sont sans toits et laissés à la rue. »

Dans la cour, après le passage de la police et un contrôle d’identités, les plans de l’immeuble récupérés dans les bureaux sont disposés sur le sol. Les bénévoles relèvent les surfaces des chambres en vue de leur attribution.

Première réunion à même le sol (WS/Rue89 Bordeaux)

« Etre à l’abri et tranquille »

Eliverta, la quarantaine originaire d’Albanie, est seule en France depuis deux ans. Après son divorce, elle a fui la violence de son mari et sa belle-famille. Le juge tardant à lui accorder la protection, elle est arrivée en France en février 2019 pour demander l’asile. Déboutée, elle a fait appel.

Toute souriante derrière son masque, elle a choisi sa chambre, une des plus petites, « juste pour être à l’abri et être tranquille » en vue de son départ de La Zone Libre à Cenon, de plus en plus saturée. Elle sait que des familles vont arriver et auront besoin des grandes pièces.

Eliverta veut « être à l’abri et tranquille » (WS/Rue89 Bordeaux)

Comme Jezzi et sa famille. Cet Albanais trentenaire va installer ici sa femme et ses trois enfants. Reconnaissant pour cette solution trouvée, tout juste après son évacuation d’un squat à Mérignac en vue de la construction d’une école, il propose ses services pour remettre les lieux en état :

« Je travaille comme maçon et je sais faire beaucoup de choses, alors si peut aider… confie-t-il. Je suis tellement content. C’est compliqué pour nous de trouver un endroit. On commençait à avoir peur pour la suite. »

Arrivé en France en 2015 pour fuir avec sa femme et ses deux enfants (aujourd’hui 8 et 11 ans) les règlements de compte dans son pays, il voit la demande d’asile de la famille refusée. Il a fait appel. Ces trois enfants (sa dernière fille de 4 ans est née sur le sol français) sont scolarisés à Mérignac.

« En général, les familles préfèrent laisser leurs enfants dans la même école, quitte à passer du temps sur la route. C’est très difficile de les scolariser » ajoute Shirley, militante et bénévole dans l’organisation.

Harmonie Lecerf, adjointe au maire chargée de l’accès aux droits et des solidarités, est venue constater l’ouverture de ce lieu qui attend son nom (sur décision des habitants). L’escalier extérieur en colimaçon a inspiré une première proposition : La Spirale. Pourvu qu’elle ne soit pas infernale.

L'AUTEUR
Walid Salem
Walid Salem
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