Covid-19 : des nouvelles règles à géométries variables en Gironde
Société 

Covid-19 : des nouvelles règles à géométries variables en Gironde

La « non aggravation » de l’épidémie en Gironde permet à la préfecture de la Gironde de lever à compter de ce dimanche 11 octobre certaines restrictions, dont la fermeture des piscines, des gymnases ou des salles associatives. Plus touchée, la métropole bordelaise reste l’objet de mesures contraignantes, dont la fermeture des bars à 22h.

« La stabilisation des indicateurs est le vrai juge de paix », estime Fabienne Buccio. Selon la préfète de la Gironde ses « mesures successivement prises le 31 août (port du masque obligatoire), le 14 septembre (abaissement des jauges, interdictions de rassemblements) et le 25 septembre (fermeture des bars à 22h…) ont, c’est certain, concouru à cette accalmie », mais elle attribue cette dernière « surtout au sens de la responsabilité des Girondins ».

Deux semaines après l’instauration des dernières mesures suite au classement de la Gironde en zone d’alerte renforcée, la préfète annonce donc ce vendredi 10 octobre l’assouplissement de certaines d’entre elles du fait de « l’arrêt de l’aggravation » de l’épidémie, selon les termes du docteur Daniel Habold :

« Le taux d’incidence a été divisé par deux pendant les trois dernières semaines et se stabilise autour de 100 cas pour 1000000 habitants dans le départements, avec des écarts importants du fait de l’effet concentration urbaine, indique le directeur de la santé publique à l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine. Il est ainsi de 150 dans la métropole bordelaise et de 190 à Bordeaux intramuros. »

De ce « vrai découplage entre ce qui se passe dans la métropole et le reste du territoire girondin » – si on tient compte de leurs populations respectives, le taux d’incidence du coronavirus est 3 à 4 fois plus élevé à Bordeaux Métropole – Fabienne Buccio « tire toutes les conséquences ».

Des mesures différenciées

A partir de ce 11 octobre, dans l’ensemble de la Gironde, les piscines peuvent rouvrir pour tous, ainsi que les marchés non alimentaires et les brocantes. Les salles polyvalentes pourront à nouveau être utilisées par les associations.

Dans tout le département hors métropole bordelaise, les gymnases et salles de sport privées pourront rouvrir pour tous sans vestiaire. Ces derniers seront désormais à nouveau accessibles dans les équipements sportifs de plein air, sous réserve de respect des protocoles sanitaires.

Dans la métropole, les gymnases seront ouverts mais uniquement pour les mineurs, les professionnels du sport et les étudiants en STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives). Les bars devront toujours fermer à 22h.

Et dans tout le département, toujours classé en alerte maximale, la jauge des évènements reste limitée à 1000 personnes – dans les stades, mais aussi à la Foire des plaisirs place des Quinconces, désormais classée en ERP (établissement recevant du public) et clôturée afin de contrôler les entrées et sorties.

3 fois plus de clusters dans la métropole

La préfète légitime ces mesures contraignantes par la situation qui « ne s’améliore pas suffisamment dans la métropole » :

« Le nombre de clusters – il y en a trois fois plus dans la métropole – indique que les jeunes, notamment, n’adoptent pas suffisamment les comportements les plus responsables. »

Si la circulation du virus continue sa décrue, de nouveaux aménagements pourraient intervenir dans les prochains jours, promet la préfète. Celle-ci observe notamment de près les hospitalisations pour Covid-19, dont le nombre reste stable – 182 en Gironde, dont 31 en réanimation –, et le taux d’incidence pour les plus de 65 ans qui excède les 50 cas pour 100000 habitants.

« La Gironde n’est pas une île séparée du reste de la France, et l’aggravation de la situation dans d’autres régions aura forcément des conséquences chez nous », prévient-elle.

Terrasses toujours

Suite aux nouvelles annonces préfectorales liées à la crise sanitaire, le maire de Bordeaux Pierre Hurmic s’est « réjoui de la stabilisation de la situation, permettant l’assouplissement des mesures restrictives », dans un communiqué publié après ces annonces.

Pour alléger la contribution des restaurateurs et cafetiers « à l’effort qu’ils ont consenti », le maire de Bordeaux décide de proroger la gratuité des droits de terrasses jusqu’à la fin de l’année, soit « un effort supplémentaire pour la Ville de 300 000 € ». La Ville va aussi maintenir l’extension des terrasses (près de 5 000 m² supplémentaires) pour compenser la perte d’exploitation et permettre la distanciation sociale.

« Je nous invite toutes et tous à ne pas relâcher nos efforts, appelle Pierre Hurmic. Il en va de notre santé, de celle de nos proches et de la survie du tissu économique, culturel et sportif. »

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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