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La politique culturelle à Bordeaux, star de la semaine
Culture 

La politique culturelle à Bordeaux, star de la semaine

par Walid Salem.
Publié le 2 décembre 2020.
Imprimé le 01 décembre 2021 à 23:03
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Alors que le maire de Bordeaux compte dévoiler ce jeudi sa politique culturelle, l’opposition monte au filet et prépare un vœu pour le prochain conseil municipal. Sur le terrain, les professionnels du secteur appellent à une mobilisation le jour même pour le maintien des acquis sociaux pour les intermittents du spectacle.

« Quelle politique culturelle à Bordeaux ? » La question est sur toutes les lèvres depuis l’arrivée du maire écologiste au Palais Rohan. Pierre Hurmic promet d’y répondre et donne rendez-vous ce jeudi 3 décembre pour « exposer sa vision, sa méthode et ses premières propositions concrètes en manière de création et d’expression culturelles ».

Aux aguets, l’opposition prend les devants et s’empare du sujet laissé en suspens depuis le 28 juin. Le groupe Bordeaux Ensemble a fait connaître ce mardi sa volonté de déposer un vœu en conseil municipal prévu ce mardi 8 décembre, intitulé « Pour une ambition culturelle renouvelée. » Il fait logiquement écho à ce que la précédente mandature a déjà mis en place sous Fabien Robert, l’adjoint à la culture d’Alain Juppé et ensuite de Nicolas Florian.

Feuille de route

« Depuis près de 10 ans, le visage culturel de Bordeaux s’est transformé. La culture représente le premier ou le deuxième budget municipal selon les exercices. Avec la crise sanitaire et économique, le monde culturel connait une immense épreuve. Ce vœu propose un certain nombre de mesures et d’orientations à court, moyen et long terme », écrit le communiqué.

La première propostion évoque une convention citoyenne pour la culture et le patrimoine qui pourrait définir une nouvelle feuille de route culturelle. Cette proposition enfonce une porte ouverte puisque la mandature actuelle a promis d’établir cette feuille lors d’un Forum des acteurs culturels qui tarde à venir, certes, mais reste annoncé pour début 2021. L’opposition souhaite en suivant que la feuille de route soit débattue en Conseil municipal. On serait tenté de dire allons-y pour le spectacle, mais on sait déjà ce qu’il en sera.

Vient ensuite la crise sanitaire dont, il faut le dire, les conséquences sur le milieu artistique et culturel ont été succintement évoquées ces derniers jours. Le groupe de l’opposition « propose de créer un nouveau fonds d’urgence [qui] garantisse la survie financière de toutes les associations, mais aussi de créer une Commission de l’Urgence Culturelle pour prendre la mesure réelle et chiffrée des dégâts causés par la crise sanitaire, proposer des mesures d’urgence et en assurer le suivi, bâtir un plan de soutien à la relance de l’activité culturelle tout au long de l’année 2021, créer un “pass culture” bordelais pour soutenir les lieux et les artistes, anticiper un nouveau confinement avec l’établissement d’un protocole strict, en lien avec l’Etat, pour éviter une fermeture sèche de tous les lieux ».

Occuper le terrain

La proposition ratisse large, et c’est le propre de cet exercice. Demander trop, pour en avoir un peu ? Mais surtout pour occuper le terrain. Les droits culturels, désormais formule magique, sont également ajoutés au panier. Tout comme la proposition de créer un service municipal de médiation pour améliorer la condition des artistes et des auteurs, ainsi que celle de renforcer les institutions avec, entre-autres, un ambitieux et néanmoins coûteux plan de rénovation pour l’école des Beaux-Arts ou pour le musée d’Arts Décoratifs et du Design.

Pendant ce temps, le monde de la culture s’impatiente. Le jour même de la conférence de presse du maire de Bordeaux, un rendez-vous est donné à midi place de la Bourse. A l’appel national de différentes branches spectacles de la CGT, les professionnels du spectacle interpellent la ministre de la culture Roseline Bachelot et demandent que leurs droits soient prolongés jusqu’à un an après la fin de la période d’impossibilité de travailler (PIT).

« Même si les salles sont fermées, nous demandons un soutien massif de l’Etat pour financer des résidences, des répétitions et la préparation des spectacles pour la réouverture. Nous voulons la garantie d’un volume d’activité en 2021 équivalent à 2019, aussi bien dans la musique, le théâtre, le cirque, la danse, que dans le cinéma ou l’audiovisuel. »

« Assez d’empathie gratuite, nous voulons des actes », conclut cet appel, parfaite illustration d’une certaine réalité du terrain.

L'AUTEUR
Walid Salem
Walid Salem
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