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Sciences Po Bordeaux annonce un groupe de travail contre les violences sexuelles
Société 

Sciences Po Bordeaux annonce un groupe de travail contre les violences sexuelles

par Antoine Cariou.
Publié le 3 février 2021.
Imprimé le 16 octobre 2021 à 07:59
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Suite aux 150 témoignages d’élèves victimes de violences sexuelles, l’association étudiante Sexprimons Nous a été reçue ce mardi 2 février par la direction de Sciences Po Bordeaux. Celle-ci a annoncé la mise en place d’un groupe de travail pour penser les futures mesures de prévention de l’école.

Sur le mur Facebook des Etudiant.e.s de Sciences Po Bordeaux, les témoignages de violences sexuelles subies par les élèves pendant leur scolarité ou en dehors s’accumulent. Depuis la parution de notre article, ils sont maintenant plus de 150, toujours plus glaçants.

Dix jours après la publication du premier message, la direction de l’IEP, pointée du doigt par plusieurs témoignages sur son manque de considération envers les victimes, rencontrait ce mardi, l’association Sexprimons Nous, qui les accompagne dans leur libération de la parole.

Devant l’association féministe, la direction a demandé à Caroline Dufy, chargée de missions égalité femmes-hommes, d’animer un groupe de travail « ayant pour objectif de proposer un plan de lutte, de formation et de prévention qui permettra de sécuriser l’ensemble de la communauté de Sciences Po Bordeaux ». Lors de cette réunion, « l’administration a pris la mesure du problème et ses représentants ont qualifié de choc la vague de témoignages de ces derniers jours » confie une représentante de Sexprimons Nous à Rue89 Bordeaux.

Un programme en 3 points

Yves Deloye, le directeur de l’établissement a déployé un programme en 3 points pour décupler la vigilance de l’administration face aux signalements.

« Ce plan devra être présenté aux différentes instances de l’établissement d’ici la fin du semestre afin que sa mise en œuvre puisse se faire à la rentrée 2021-2022 », poursuit la direction dans un communiqué.

Ces prochains jours, et alors que les étudiant.e.s font leur retour dans l’établissement en présentiel après plusieurs mois d’absence du fait de la situation sanitaire, l’ensemble des enseignants seront invités à prendre le temps « d’engager le dialogue pour écouter la souffrance des élèves ».

« L’ampleur et la gravité des faits évoqués obligent à une évaluation renouvelée de tout ce que l’administration de l’IEP a mis en place au titre de l’écoute et de l’accompagnement des élèves victimes », affirme la direction de Sciences Po Bordeaux qui avait inauguré en 2018 une cellule de veille et d’écoute.

Recourir à un médiateur

L’ensemble des membres de la communauté de Sciences-Po Bordeaux seront formés à la vigilance par rapport aux violences et agressions sexuelles, a-t-il annoncé. L’IEP prévoit également un renforcement des structures, et « d’identifier précisément les moments et les lieux, dans la scolarité à Sciences Po Bordeaux et, globalement, dans la vie des élèves inscrit.e.s dans l’école, où peuvent s’exprimer et s’exercer des actes sexistes, des agressions et des violences sexuelles ».

En revanche, l’association Sexprimons Nous, qui salue chez l’administration une « sincère prise de conscience » et apprécie « sa volonté de rendre des comptes » n’a pas été pour l’heure entendue sur ses propositions d’un redoublement aménagé pour les victimes. Elle demande également la mise en place « d’un.e médiateur.ice entre enseignant.e.s et étudiant.e.s qui ne fasse pas partie du corps étudiant, associatif ou enseignant et puissent résoudre les incompréhensions entre enseignant.e.s et victimes dont la parole est mise en doute, infantilisée ou associée à un manque de volonté ».

L'AUTEUR
Antoine Cariou
Antoine Cariou
Journaliste en formation au CFJ

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