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GPSO : la Nouvelle-Aquitaine va « avancer » 225,6 millions pour financer les LGV
Brèves 

GPSO : la Nouvelle-Aquitaine va « avancer » 225,6 millions pour financer les LGV

par Victoria Berthet.
Publié le 7 février 2022.
Imprimé le 17 août 2022 à 18:35
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Lundi 7 février, lors de la séance plénière du Conseil régional, les élus ont délibéré sur le budget primitif de 2022 chiffré à hauteur de 3,3 milliards d’euros. Mais un autre budget a fait réagir : l’avance de 225,6 millions d’euros de la Région pour le Grand projet ferroviaire du Sud Ouest (GPSO, les LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax), votée par l’ensemble des groupes sauf EELV et le RN.

C’est à la suite d’un échange de courrier entre Jean Castex et Alain Rousset, le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, que le plan de financement pour GPSO a (une nouvelle fois) évolué. La Région va donc avancer 225,6 millions d’euros, en plus des 710 millions d’euros déjà votés, l’État s’étant engagé à rembourser cette avance. Un « tour de passe-passe » pour les élus écologistes, tandis que la droite et le centre dénoncent plus la forme de la délibération, qui n’est pas passée préalablement par la commission Transports.

« Une délibération à grande vitesse »

Dans son propos liminaire, le chef de file EELV à la Région, Nicolas Thierry, a dénoncé « l’illusionnisme » du budget primitif 2022 :

« Nous avons, en quelque sorte, un éléphant au milieu de la pièce. Il sort sans crier gare, à chaque fois en procédure d’urgence deux jours avant la plénière, et c’est un vrai problème démocratique. Voilà comment nous apprenons que la Région va remettre 225 M€, en plus des 710 M€ déjà décidés, sur le GPSO. »

Nicolas Thierry s’est insurgé contre « l’agent public qui coule à flots sur un projet destructeur de l’environnement ». La conseillère régionale EELV et membre de la commission Transport, Christine Seguinau, a fustigé un « manque de considération et de respect envers les élus » ayant reçu la délibération « hors des délais réglementaires ». Du côté LR, Christophe Duprat, a, lui, cité une « délibération à grande vitesse ».

Christine Seguinau a soulevé le manque de transparence de la Région sur le détail du plan de financement :

« Nous vous avons demandé, par courrier recommandé, aussi bien pour la délibération GPSO de la plénière de décembre dernier, que pour celle de la séance d’aujourd’hui, de nous communiquer des documents issus de l’étude d’ingénierie financière et juridique du projet et ceux issus des dernières études ayant servi à la sécurisation du plan de financement que vous venez de nous présenter. »

« Incohérences »

L’élue EELV a interpellé directement le président de la Région, Alain Rousset :

« De quoi avez vous peur, Monsieur le président ? Qu’à la lecture de ces documents, on découvre que les hypothèses de calcul et les simulations ne sont pas réalistes, que des données sont biaisées, voire manipulées ? Que cette sécurisation du plan de financement est un tour d’illusionniste destiné à l’enfumage des élus et des citoyens ? »

Christine Seguinau a soulevé les « incohérences » d’un plan de financement dont « toutes les lignes sont au conditionnel et ne pas pas étayées par des calculs ou des sources fiables », évoquant notamment la taxe des bureaux (TSB) qui n’a pas encore été votée.

En réponse, Alain Rousset a assuré que les documents seront transmis, fustigeant la position des écologistes qui ne « comprennent pas » que « la différence d’écartement [des rails] entre l’Espagne et la France empêche le report modal ».

Edwige Diaz, cheffe de file du RN, a également dénoncé des « recettes fantaisistes » sans garanties, citant une « participation de l’Union européenne encore floue, alors que le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe n’a pas été voté ». Edwige Diaz s’est aussi positionnée contre les taxes, symbole du « matraquage des ménages » – le RN estime à 100 euros par an et par foyer néo-aquitain vivant à proximité des LGV le coût des deux futures taxes destinées à les financer. À l’instar d’EELV, le groupe d’extrême droite a voté contre la délibération.

L'AUTEUR
Victoria Berthet
Journaliste, diplômée de l'IJBA. Du terrain, des faits et de la nuance.

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