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Le Petit Parc, le nouveau café qui veut cultiver la convivialité au Grand Parc
Vie pratique 

Le Petit Parc, le nouveau café qui veut cultiver la convivialité au Grand Parc

par Manon Gazin.
Publié le 2 mai 2022.
Imprimé le 06 juillet 2022 à 00:17
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Le café-cantine a ouvert au sein de la Salle des fêtes du Grand Parc. Dans ce quartier qui manque de bars et de restaurants, cet espace ouvert du mardi au samedi, le midi et en journée, propose aussi des activités diverses aux habitants. Premier volet d’une série sur les mutations du Grand Parc.

Ce 26 avril a ouvert le Petit Parc, un café qui servira à « créer du lien » au sein du quartier du Grand Parc. Fondé par Pauline Amiot-Nava et Pauline Berlioz, ce café-cantine situé dans la Salle des fêtes, est également une association, composée de « sept femmes engagées dans le vie de quartier ».

Situé cours de Luze, il permettra d’y « prendre des pauses conviviales et gourmandes ». Il sera également possible d’y pratiquer des « activités imaginées à partir des envies des habitants et habitantes », ou encore d’assister à des « prestations de cohésion d’équipe sous forme d’ateliers, d’animations ou de visites guidées ».

L’initiative du Petit Parc a été « Prix Coup de Cœur de l’ESS Bordeaux Métropole 2021 », qui vise à mettre en valeur et à soutenir les projets économiques, sociaux et solidaires du territoire. Ses deux cofondatrices ont également réussi une campagne de financement participatif pour réunir 5000€. Cette cagnotte servira à aménager le lieu et y installer le matériel nécessaire, mais également à y mettre en place différents espaces. Par exemple, un Hôpital pour plantes (pour « soigner puis adopter des plantes vertes »), ou encore un atelier.

Convivialité

Les deux Pauline, anciennement guide conférencière et conseillère en ressources humaines, voisines et habitantes du quartier, ont conçu le projet pendant le premier confinement :

« Nos enfants vont à l’école de quartier, explique Pauline Berlioz. Et on s’est rendu compte qu’une fois la porte de l’école franchie, il y avait un manque de mixité. Parce que ces écoles ont tendances à être fuies par les parents, qui préfèrent placer leurs enfants ailleurs à Bordeaux. »

Pendant un an, les deux jeunes femmes sont allées à la rencontre des habitants du quartier :

« On s’est également rendu compte qu’il y avait un manque de cafés dans ce quartier. Si les habitants veulent déjeuner pendant leur pause du midi, ils doivent aller en boulangerie, ou prendre quelque chose à emporter. On a donc voulu créer un endroit pour faciliter les liens. »

Ce besoin avait été identifié par l’association qui s’était mobilisée pour la réouverture de la Salle des fêtes, lieu de concerts mythique à Bordeaux. Elle avait plaidé pour que celle-ci accueille en son sein une brasserie ou un café, offrant un espace de convivialité au quartier. Après son inauguration, la Ville, qui exploite la Salle, avait lancé un premier appel d’offres, qui s’était avéré infructueux.

De gauche à droite : Nadia N’Diaye, Co-secrétaire de l’association, Pauline Berlioz, Emilie Ronsier, Emilie Jonard, qui officie au conseil d’administration, et Pauline Amiot-Nava (MG/Rue89 Bordeaux)

Des valeurs inclusives et écologiques

Ouvert du mardi au vendredi de 8h30 à 18h, et de 9h30 à 12h le samedi, l’espace sera donc utile pour les personnes travaillant dans le quartier et souhaitant y passer leur pause-déjeuner. Mais également pour les familles qui pourront s’y rendre à l’heure du goûter. Le tout à des prix bas – formule plat-dessert-café à 10€ le midi, plat du jour, à 7,50€ –, et avec des plats faits maison avec des produits de saison.

« On ne propose que des recettes végétariennes, pour que tous, quelles que soient leurs pratiques religieuses ou leurs manières de consommer puissent manger ici, explique Pauline Amiot-Nava. Mais aussi pour des raisons écologiques, pour montrer aux consommateurs de viande qu’ils peuvent très bien manger en s’en passant. Toujours pour des raisons écologiques, les serviettes seront en tissu, et lorsque l’on commandera à emporter les plats seront en verre. »

La décoration du lieu, elle aussi, est écologique : si les tables sont neuves, les chaises, les assiettes, les canapés, et beaucoup de matériel en cuisine sont de seconde main.

« Il y a eu pas mal d’heures de chine », rit Pauline Berlioz. « Mais on a reçu aussi beaucoup de dons », ajoute sa collègue, « de gens venus nous donner des affaires de famille, en nous disant que leur grand-mère apprécierait justement de les voir ici. »

Une seule salariée, des bénévoles

Pour se fournir en matières premières, le Petit Parc fait appel à différentes structures locales : l’épicerie solidaire Local’Attitude, l’entreprise VRAC Tea Shop pour ses thés, ou encore le torréfacteur Oracle Cafés.

Pour l’instant la cuisinière, Emilie Roncier, est la seule salariée de l’établissement qui s’appuie sur des bénévoles pour aider en cuisine ou au service. Les clients ont également répondu présents dès l’ouverture, mardi dernier : « 15 petits-déjeuners et 33 plats à midi », rapporte Pauline Amiot-Nava.

« C’est une bonne idée, ça amène une animation locale », se réjouit Patrice, 51 ans, gérant d’une école de danse, et client de l’établissement pour le déjeuner. Habitant du quartier depuis décembre 2020, il a vu le café se construire petit à petit et a rencontré ses deux fondatrices il y a quelques mois. « Je suis venu pour soutenir, et aussi pour découvrir », affirme-t-il.

« Quand on veut déjeuner quelque part, il faut aller vers le centre de Bordeaux, ajoute-t-il. En plus je suis végan, donc c’est une proposition qui me convient. »

Un espace est dédié pour les enfants (MG/Rue89 Bordeaux)

« Garantir des lieux de convivialité »

Alexandra, médecin généraliste et habitante du quartier depuis trois ans, est du même avis : « Ça donne de la vie, ça dynamise le quartier. » C’est également l’avis de Sophie, 66 ans, ancienne bibliothécaire universitaire à la retraite, habitante du Grand Parc depuis 1995 :

« Ce quartier pourrait être très agréable. Mais aujourd’hui, il a très mauvaise presse, et il est laissé à l’abandon. La politique culturelle aussi y est délaissée, et les jeunes s’ennuient ».

Jean-Luc Peyre, gérant de Yoyo Vidéos, emblématique vidéo-club installé au Grand Parc depuis 1984, confirme. Dans sa boutique, des habitants viennent pour se payer un café à sa machine. « Si les gens viennent ici, c’est qu’il n’y a pas grand chose d’autre », regrette-t-il.

« La priorité, c’est de restructurer ce qui existe déjà, et de garantir des lieux de convivialité aux habitants, affirme Jean-Luc Peyre. On a besoin d’un centre social décent, et d’un bon centre d’animation. Pour l’instant, ce n’est pas engageant. »

Répondre à un besoin

Le Petit Parc a d’ores et déjà un certain nombre de partenaires, comme le Centre social et culturel du Grand Parc. Sa coordinatrice, Laure Pardon, attend « de ce partenariat qu’il réponde à des besoins et des attentes » alors que « beaucoup d’habitants du quartier font face à une situation sociale compliquée ». Elle espère notamment que cette collaboration permettra des « moments de partages' », et des « espaces de croisement ».

Plusieurs projets sont déjà en cours dans ce cadre. Notamment l’évènement culturel du 1er juillet, organisé par MC2a, au cours duquel se produira entre autre le chœur de l’Opéra de Bordeaux, suivi d’un repas de quartier et d’un bal populaire. Il est même question de relancer dès l’année prochaine le carnaval de quartier.

Benoit Hec, adjoint de direction au Centre d’animation, évoque de son côté un partenariat qui permettra de fournir des jeux au Petit Parc. Il prévoit des soirées et des après-midi autour des jeux, ainsi que des activités de détentes ludiques pourraient également être mis en place.

D’autres projets et collaborations devraient voir le jour, notamment avec un EHPAD du quartier, pour y organiser des réunions d’échanges pour le personnel soignant, ou encore avec des structures culturelles pour organiser des expositions temporaires. Les idées ne manquent pas et le Petit Parc est bien parti pour devenir l’adresse incontournable du quartier.

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Article actualisé le 03/05/2022 à 13h49
L'AUTEUR
Manon Gazin
Manon Gazin
Journaliste en devenir à l'EFJ

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