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L’été sera chaud dans les urgences de Gironde, dont les accès seront limités
Brèves 

L’été sera chaud dans les urgences de Gironde, dont les accès seront limités

par Simon Barthélémy.
Publié le 28 juin 2022.
Imprimé le 17 août 2022 à 18:56
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L’Agence régionale de santé a présenté ce mardi un « plan de continuité des soins » pour l’été en Gironde, qui s’attend à un afflux de touristes. Les médecins libéraux devront soulager des services hospitaliers déjà sous tension, où la pénurie de personnel sera accentuée par les congés des soignants. Les urgences de Libourne, Langon et Robert-Picqué, ainsi que celles des cliniques de Pessac et Lesparre, réserveront l’accès la nuit aux cas les plus graves.

Mieux vaut prévenir que guérir : les vacanciers qui se presseront cet été sur les plages de Gironde sont invités à ne pas encombrer les hôpitaux, où un « plan de continuité des soins » a été exposé ce mardi 28 juin par Bénédicte Motte, directrice départementale de la Gironde à l’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine.

Lors d’une conférence de presse, elle en a « appelé à la responsabilité de chacun » pour se tourner d’abord vers les médecins de ville en cas de pépin de santé. Elle souligne que la Gironde compte « 155 médecins généralistes pour 100000 habitants, soit le 11e département le mieux doté de France », avec un seul secteur sur 35 en pénurie, le Médoc. Et que les praticiens s’organisent pour offrir des permanences de soins, avec quatre CPTS (communautés professionnelles territoriales de santé) en train de se constituer.

Priorité aux « urgences vraies »

Sur le modèle expérimenté à l’hôpital d’Arcachon, des médecins libéraux se relaient d’ores et déjà depuis un mois à l’entrée des urgences de l’hôpital Pellegrin à Bordeaux, où ils assurent des consultations pour soulager le service. Les urgences connaissent en effet « une forte tension » liée entre autre au manque de personnel, qui s’est traduit par un filtrage par le 15 à Pellegrin, et devrait s’accroitre en juillet-août, pense Bénédicte Motte :

« L’été est traditionnellement une période difficile parce que les soignants ont le droit de se reposer comme tout le monde, et on a la chance d’avoir un département très attractif avec un fort afflux de population. »

La fréquentation touristique se traduit en effet dans le département « par un nombre de passage élevé dans les services d’urgences – plus de 135 000 l’été 2020 et plus de 154 000 l’été 2021 soit une hausse de 14%, sans baisse de fréquentation en zone urbaine », selon l’ARS.

Conséquence : plusieurs services vont désormais appliquer une « priorisation en fonction de la gravité », pour réserver l’accueil aux « vraies urgences », vitales et fonctionnelles (c’est à dire lorsqu’il y a un risque de perte d’une fonction du corps) – polytraumatismes, AVC…

« Pas de territoire sans médecin »

Ce sera notamment le cas à Libourne, où une infirmière pourra réorienter les patients soit vers la maison médicale de garde (de 20h à minuit) soit, après minuit, vers une consultation de médecine générale, à effectuer le lendemain.

« A partir de cet été, se présenter aux urgences ne signifie plus être admis », prévient Anaïs Girard, chef du service des urgences de Libourne, qui « accueillent 125 patients par jour, l’équivalent de Pellegrin ».

L’objectif est de garder ouvertes les urgences de Sainte-Foy-la-Grande, poursuit-elle :

« Nous partageons l’équipe médicale entre Libourne et Sainte-Foy pour maintenir l’offre et continuer la prise en charge des urgences vraies. Il n’y aura parfois qu’un seul médecin présent la nuit mais on ne peut pas envisager de laisser un territoire sans médecin pour les victimes d’infarctus, d’accidents, de noyades… »

500 agents manquants

Le même dispositif sera en vigueur aux urgences de Langon. A Villenave d’Ornon, l’hôpital Robert-Picqué fermera physiquement l’accès aux voitures et « priorisera les urgences vitales » entre 20h et 8h, du 20 juillet au 28 août.

Au mois d’août, les cliniques mutualistes de Pessac et Lesparre limiteront aussi l’accès à leurs services d’urgence entre 18h et 8h, en réorientant les cas les moins graves vers les centres de santé de Talence et Lacanau. La maternité de la clinique de Lesparre sera elle complètement fermée, et les parturientes adressées vers d’autres établissements ou hébergée « à proximité si besoin sur prescription ».

Par ailleurs, pour faire face à la pénurie de personnels, 600 lits seront fermés cet été au seul CHU de Bordeaux, où l’intersyndicale (CGT, FO, Sud) estime qu’il manque 500 agents actuellement. Elle a appelé ce mardi à une grève illimitée, jugeant insuffisantes les 250 embauches promises par la direction et les revalorisations salariales.

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L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, cofondateur de Rue89 Bordeaux

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