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Bordeaux vise 41% d’autonomie énergétique en 2026, « un pas de géant pour la ville »
Politique 

Bordeaux vise 41% d’autonomie énergétique en 2026, « un pas de géant pour la ville »

par Victoria Berthet.
Publié le 14 septembre 2022.
Imprimé le 27 septembre 2022 à 13:14
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À l’aune de la crise énergétique, la facture prévisionnelle de la Ville de Bordeaux pourrait s’envoler de 20 millions d’euros. Pour y faire face, la mairie table sur des mesures de sobriété dont la rénovation énergétique des bâtiments et la réduction de l’éclairage public.

Le 3 juillet 2020, au lendemain de son élection, Pierre Hurmic décrétait « l’état d’urgence climatique » à Bordeaux. Deux ans après, le maire a affirmé que cet engagement a porté « ses premiers fruits » lors de sa conférence de rentrée, axée sur le dérèglement climatique et la crise énergétique.

Une série de mesures et de perspectives a été exposée dont l’objectif est d’accroître l’autonomie énergétique de la ville. La majorité ambitionne ainsi de passer de 7% (en 2020) à 41% d’autonomie énergétique d’ici la fin du mandat.

Plan sobriété

« Un pas de géant que va franchir la ville » face à une facture prévisionnelle qui pourrait passer de 8 millions d’euros à 30,9 millions d’euros. Pour réduire et amortir cette facture, la Ville envisage des « mesures directes et de court terme ». A commencer par l’éclairage public, qui représente 40% de la facture d’électricité de la Ville.

À compter de janvier 2023, 55% de cet éclairage, soit 3300 points lumineux, seront éteints entre 1h et 5h du matin. Le périmètre n’est pas encore défini. Des discussions sont « en cours » avec les adjoints de quartier ainsi que les services de secours et de sécurité. Ces extinctions doivent permettre de réduire de 20% la facture liée à l’éclairage public.

Par ailleurs, « les mises en lumière des monuments qui n’ont pas un caractère indispensable seront éteintes ». Seuls les « sites emblématiques de la ville » resteront éclairés, dont la fontaine des Trois Grâces, le palais de la Bourse, le Grand Théâtre et le pont de pierre. Cela représentera une économie de 110000€ par an.

Le plan de sobriété porte également sur la consommation des bâtiments. La température sera baissée à 19 degrés dans les écoles, les établissements culturels et les services municipaux. Ces ajustements de chauffage doivent permettre une économie de 9,4% de la consommation des bâtiments publics. Au total, la Ville escompte réaliser 3 millions d’euros d’économie grâce au plan sobriété.

Raccordement aux réseaux de chaleur

Sur le volet autonomie énergétique, la majorité met en avant le raccordement aux réseaux de chaleur urbains. Quatre d’entre eux doivent, « à court terme », alimenter la ville : Saint-Jean Belcier, Mériadeck, Plainte de Garonne Énergie et Grand Parc. En 2024, la piscine de ce quartier sera d’ailleurs alimentée par le réseau de chaleur, ce qui permettra de baisser la consommation énergétique de 40%.

Ces réseaux de chaleur urbains doivent permettre d’économiser 12 800 tonnes de C02. Des requalifications du Conservatoire et au Musée d’Aquitaine vont être menées entre 2023 et 2026 pour permettre des économies d’énergie de l’ordre de 25%.

Aujourd’hui au nombre de 19, 10 nouvelles installations photovoltaïques seront livrées d’ici 2023. D’autres projets devraient voir le jour à la Base sous-marine, à la plaine des sports Colette Besson ou au Palais des Congrès. Ces déploiements vont couvrir 27% de la consommation annuelle d’électricité de la ville. La 11ème modification du Plan local d’urbanisme (PLU) comprend, elle, l’obligation d’installer des énergies renouvelables à partir de 80m2 de construction neuve et de 40m2 de réhabilitation.

Les habitants peuvent désormais bénéficier de l’aide à la rénovation énergétique déployée par Bordeaux Métropole et votée en mars 2022. Les aides peuvent aller jusqu’à 13 300 euros par an, selon le revenu des ménages. L’objectif est de rénover 11 500 logements, par an, dans la métropole.

Interpellation de l’État

Pour le maire, l’État doit « aider les collectivités à assumer les coûts de l’énergie », dont les finances ont été « fragilisées par la crise sanitaire » :

« L’État doit prendre de mesures de régulation pour éviter que les services délivrées aux habitants subissent les fluctuations spéculatives du marché. Il n’y aura pas de lutte contre le réchauffement climatique sans une mobilisation des territoires urbains. Je demande aujourd’hui à l’État d’ériger un bouclier tarifaire pour les services publics du quotidien, à l’instar du bouclier tarifaire qui protège les ménages de la flambée des prix de l’énergie. »

Cette extension du bouclier tarifaire est portée par l’association France Urbaine, qui regroupe les grandes villes et agglomérations françaises. La mairie de Bordeaux, elle, affirme « interpeller l’État depuis plusieurs semaines », notamment sur une aide à l’investissement pour la rénovation énergétique des bâtiments.

L'AUTEUR
Victoria Berthet
Journaliste, diplômée de l'IJBA. Du terrain, des faits et de la nuance.

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