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Bordeaux aménage son label Bâtiment frugal et donne des clés pour le décrocher

Présentée par Pierre Hurmic ce lundi 11 mars, la deuxième version simplifiée du label Bâtiment frugal bordelais passe de 22 à 16 critères obligatoires, plus 6 au choix. La Ville va également financer une structure d’accompagnement, favorablement accueillie par les professionnels, pour aider à décrocher ce label gratuit qui attend toujours son premier bâtiment.

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Bordeaux aménage son label Bâtiment frugal et donne des clés pour le décrocher
A Caudéran, le projet de logements et des locaux d’activités de Gironde Habitat « bien parti pour être labellisé »

Le label bâtiment frugal bordelais, Pierre Hurmic y tient. « Il tranche avec ce qu’on peut appeler l’urbanisation traditionnelle qui, ici à Bordeaux comme ailleurs, a trop souvent bétonné le paysage, artificialisé les sols et contribué au dérèglement climatique », explique-t-il. Autant dire qu’après un réveil de la Belle endormie synonyme de constructions à tout va, le maire écolo veut ajouter sa patte.

« Vous savez sans doute que le secteur du bâtiment est responsable de 21% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Et de 37% des émissions de CO2 liées à l’énergie. […] C’est pour ça que j’ai décidé dès le début de ce mandat, en décrétant l’urgence climatique, d’initier une profonde métamorphose de l’urbanisation du territoire bordelais. »

Après une première version du label, lancé en 2021, une révision a été présentée ce lundi à la presse d’abord, aux promoteurs et professionnels du bâtiment ensuite.
Pierre Hurmic expose la version 2 de son label devant les professionnels du bâtiment (WS/Rue89 Bordeaux)

16 pré-requis et 6 au choix

Les 42 ambitions du label ont été réorganisées. Au lieu de 22 pré-requis initialement exigés, 16 sont dorénavant obligatoires, et 6 autres laissés au choix des opérateurs pour atteindre le 1er niveau de labellisation, récompensé par une feuille, le label pouvant aller jusqu’à 4 feuilles (au lieu de 3 précédemment).
Parmi ces 16 pré-requis figurent la réduction de la consommation d’eau potable, la protection des vitrages du soleil pour l’été (qui n’est pas obligatoire dans la construction « traditionnelle« ) ou encore l’évitement de l’artificialisation des sols.
Les professionnels devront fournir une analyse du site et un diagnostic de l’existant, et « impliquer les usagers », conformément à la charte Construction et citoyenneté Rennes 2030. Il s’agit par exemple d’informer et concerter les riverains avant le dépôt de permis de construire, ou encore de limiter les nuisances liées aux travaux pour le voisinage.
Si les projets doivent toujours prévoir des extérieurs, cette exigence est cependant assouplie pour la réhabilitation : 6 m2 minimum d’espace extérieur ou 20% de la surface habitable. Ils auront également à favoriser l’éclairement naturel, et choisir des matériaux à faible impact environnemental. Afin de favoriser les filières locales, le périmètre passe de 200 à 250 km, pour inclure l’ensemble de la région Nouvelle Aquitaine.
Sept critères ne sont en revanche plus obligatoires, comme la nécessité de disposer pour l’été d’une ventilation naturelle, imposant de fait des logements à double orientation, ou celle de créer un îlot de fraicheur, en raison de l’existence d’un coefficient de végétalisation dans la dernière révision du plan local d’urbanisme métropolitain.

Mieux vendre

Thierry Leblanc, président de la Fédération française du bâtiment Gironde, qualifie d’ « excellent point » cette simplification des critères, estimant toutefois qu’ils « nécessitent un coût de construction plus élevé. Des filières sont encore trop peu développées sur le territoire, comme celles de la paille ou du chanvre ».
Directeur régional du groupe Cardinal, Sylvain Piel confirme que suivre les critères du label représente un surcoût de 10% environ sur le budget global. « Mais c’est censé aider à vendre mieux », ajoute le promoteur. Pilote d’un projet de 43000 m2 de surface plancher à Brazza, il « est en train de tout revoir pour mieux coller au label ».

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