Société 

L’Etat condamné pour violences policières sur une Bordelaise

Myriam Eckert vient de remporter coup sur coup deux victoires judiciaires de taille. Après sa récente relaxe avec deux camarades du Dal, elle fait condamner l’Etat pour faute lourde suite à une interpellation sanglante.

Après avoir été acquittée en appel le 23 mars avec deux militants du Droit au Logement (voir encadré), la militante bordelaise vient de faire condamner l’Etat pour des violences policières en 2009.

Plaquée au sol en 2009

Pour le tribunal de grande instance de Bordeaux, les violences qu’elle a reçues lors d’une charge offensive des CRS ne peuvent être contestées puisqu’elle n’a eut aucun comportement « permettant de considérer que le coup de matraque qui lui a été porté revêtait un caractère nécessaire proportionné » décrit le délibéré. La cour ajoute :

« Les certificats médicaux corroborent le caractère excessif et disproportionné de la violence employée ».

Myriam Eckert avait été placée en incapacité totale de travail (ITT) durant 7 jours. Elle s’était retrouvée évanouie, plaquée au sol, menottée puis conduite au commissariat, « sur la base de mentions erronées » note le TGI, avant d’être placée en garde à vue où l’officier de policier judiciaire la conduira au CHU Pellegrin.

Les pieds sur terre en 2017

Myriam Eckert a sa sortie de garde-à-vue le 20 mars 2009 (DR)

Pour le tribunal, le matraquage et l’interpellation de la femme alors ensanglantée rendent l’Etat responsable d’une faute lourde. Des dommages et intérêts à hauteur de 7000 euros lui seront versés. Pour Myriam Eckert, la victoire judiciaire est évidemment un soulagement. Elle salue le travail de son avocat Maitre Ophélie Berrier et garde les pieds sur terre :

« Je pense toujours aux victimes qui n’ont pas eu cette justice mais aussi aux prochaines qui pourront faire valoir leur droit. Pourquoi moi j’ai cette chance ? On profite de cette justice mais on s’interroge toujours pour ceux qui ne l’ont pas eue. »

L’Etat peut encore faire appel de sa décision. Le collectif Contre les abus policiers (Clap 33), créé suite à ces agressions, continuera sa bataille pour défendre les violences subies par la population.

Fin mars, une première victoire au goût amer

Le 23 mars dernier, trois militants du Dal étaient acquittés par la cour de cassation. Au départ, ils étaient 5 à être accusés d’avoir réquisitionné un logement inoccupé, rue Planterose à Saint-Michel, en 2013.

En première instance, ils avaient été condamnés à trois mois de prison avec sursis pour violation de domicile. En appel, la condamnation est confirmé bien qu’allégée. En cassation, l’avocat général avait demandé la relaxe pour les trois militants qui avaient pu se pourvoir. Relaxe finalement obtenue.

Au délibéré de la cour de cassation, le sentiment de Myriam Eckert était paradoxal. La joie de sa relaxe ne masquait pas sa désolation de savoir les deux autres militants définitivement condamnés à 7000 euros « alors qu’on voit bien que le dossier est vide ».

« La seule personne qui aurait pu être condamnée, c’est le préfet qui ne fait pas valoir le droit d’asile et ne s’occupe pas de loger les gens » s’agaçait alors la Bordelaise.

L'AUTEUR
Xavier Ridon
Xavier Ridon
Rémois, devenu journaliste à Tours, installé à Bordeaux. Bref, file vers le Sud avec un micro et un stylo.
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