Brèves  Ecologie 

5800 logements menacés par l’érosion sur le littoral aquitain d’ici 2050

Renaud Lagrave, président du GIP Littoral Aquitain, appelle le Gouvernement et les parlementaires à apporter des réponses pour permettre l’adaptation des territoires littoraux à l’érosion côtière et au changement climatique. Le besoin de financement est estimé à 45 millions d’euros sur 5 ans.

5800 logements pourraient disparaître sur le littoral aquitaine sous l’effet de l’érosion côtière. C’est le constat du GIP Littoral Aquitain qui s’est basé sur les estimations récentes du Bureau de recherches géologiques et minières, et de l’Office national des forêts. Celles-ci révèlent que la côte sableuse pourrait perdre 50 mètres et la côte rocheuse 27 mètres d’ici 2050.

Ces données confirment la très grande sensibilité à moyen terme du littoral aquitain au recul du trait de côte. La grande majorité de ces logements (5 220) sont aujourd’hui situés derrières des protections dont la pérennité et la robustesse ne sont pas assurées à l’horizon 2050. Il faut ajouter la situation de 580 logements non protégés et également exposés à une destruction brutale par le même phénomène.

Une solution à 45 millions d’euros

Dès cet hiver, 90 logements non protégés pourraient déjà être détruits par la mer en cas de tempête sur la côte sableuse. Sur la côte rocheuse, ce sont 70 logements qui sont sous la menace à court terme d’un recul de la falaise.

Pour faire face à ce risque, toutes les collectivités territoriales du littoral aquitain ont engagé des stratégies locales de gestion de la bande côtière. Les communes de Lacanau, Lège-Cap Ferret, Capbreton, la Communauté de Communes de Mimizan et la Communauté d’Agglomération Pays Basque ont ainsi planifié des actions à court et moyen termes pour s’adapter au recul du trait de côte.

Mais les moyens semblent dérisoires, et il convient selon le président du GIP Littoral de mobiliser dans les 5 prochaines années 45 millions d’euros :

« Ce montant financier est hors de portée des seules collectivités, déclare Renaud Lagrave dans un communiqué. L’engagement de l’État en Aquitaine avec 1,8 M€ dans le Contrat de Plan État-Région parait sous dimensionné pour accompagner l’adaptation des territoires au recul du trait de côte. »

Renaud Lagrave rejoint la position du président de la Chambre régionale des comptes qui rappelait lors de la diffusion du rapport sur la gestion des risques naturels que « si l’action publique est jugée indispensable, c’est à la maille nationale et non à la maille intercommunale qu’elle peut s’envisager ».

Réchauffement climatique

Le GIP Littoral Aquitaine s’inquiète également des effets du changement climatique. Élévation du niveau de la mer, modifications du régime de houles… pourraient ainsi entrainer sur le littoral aquitain d’ici 2050, une sur-érosion de l’ordre de 10 m sur la côte rocheuse et 20 m sur la côte sableuse. Les problématiques juridiques et financières seront donc de plus en plus lourdes à gérer dans les années à venir.

« La proposition de loi “portant adaptation des territoires littoraux au changement climatique”, actuellement en 2e lecture au Sénat, permettrait de résoudre ces difficultés, notamment en permettant une anticipation, précise le communiqué. Fruit d’un important travail national mené avec le Ministère de l’Écologie dans le cadre du comité de suivi de la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte, elle offre l’opportunité de trouver des solutions durables et soutenables, avant que les travaux de défense contre la mer ou la relocalisation ne coûtent trop cher à la puissance publique. »

Renard Lagrave demande le soutien du Gouvernement à cette proposition de loi ainsi que son inscription à l’agenda parlementaire. Il sollicite un entretien, accompagné d’une délégation d’élus du littoral aquitain, auprès du Ministre de la transition écologique et solidaire, en charge des risques naturels et du climat, pour envisager des réponses financières aux actions urgentes des collectivités,

L'AUTEUR
Walid Salem
Walid Salem
Co-fondateur de Rue89 Bordeaux et directeur de la publication
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