Un plan social « inacceptable » pour l’usine Ford de Blanquefort
Economie 

Un plan social « inacceptable » pour l’usine Ford de Blanquefort

Le groupe Ford a annoncé ce jeudi son intention de lancer un plan social à Blanquefort, préalable à la fermeture de l’usine. Une annonce « inacceptable » pour les collectivités locales.

Les jours de Ford à Blanquefort sont comptés. Lors d’un comité d’entreprise extraordinaire, la direction du constructeur automobile a annoncé son intention de lancer un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi). Les négociations pourraient s’ouvrir dès le 26 juin avec les représentants des 900 salariés du site girondin.

La décision, synonyme de fermeture accélérée de l’usine, a provoqué de « l’abattement et de la colère mélangés pour nous les ouvriers » indique Philippe Poutou à Rue89 Bordeaux. Le délégué CGT n’abdique pas :

« Qu’est-ce qui va l’emporter dans les jours qui viennent ? A la CGT, on espère que c’est la colère qui va exploser. Le départ de Ford est injustifiable et inacceptable. Nous exigeons toujours le maintien de l’activité et des emplois par Ford. »

Bruno Le Maire, ministre de l’économie, a dans un communiqué dit « regretter vivement cette décision » :

« Le groupe Ford s’est en effet engagé à payer l’intégralité des salaires et à ne procéder à aucun licenciement à Blanquefort jusqu’à l’automne 2019. En outre des discussions pour céder le site à un industriel sont actuellement en cours. A ce stade, une reprise de la totalité des salariés apparait possible, et l’ouverture d’un PSE ne semble donc pas justifiée. »

Dans un communiqué commun, la région Nouvelle-Aquitaine, le département de la Gironde, Bordeaux Métropole et la mairie de Blanquefort ont dénoncé une « annonce inacceptable » :

« Elle détruirait de la valeur sur notre territoire, qui a pourtant constamment contribué à supporter Ford depuis sa création. »

« Arguments purement financiers »

Les collectivités n’ont en effet pas mégoté sur les subventions pour maintenir l’usine à flot, jusqu’à couper le robinet lorsque Ford a manifesté son intention de se désengager.

« Grâce à ce soutien, l’usine dispose d’un outil de production et de compétences répondant aux dernières exigences de l’industrie automobile, soulignent-elles. Ces atouts, reconnus par Ford, risquent de disparaître alors que Ford dispose d’un candidat  (Punch Powerglide, ndlr) qui permettrait d’assurer immédiatement la continuité du site. « 

Pour les élus locaux, la décision du groupe américain « est motivée par des arguments purement financiers sans aucune prise en compte des partenaires de l’usine, parmi lesquels les collectivités et surtout les salariés ».

Ils indiquent que « la situation professionnelle de plus de 800 salariés, à la moyenne d’âge de 51 ans et d’une ancienneté professionnelle moyenne à Ford de 27 ans, sera irrémédiablement impactée par cette décision ».

« Pas une fermeture d’usine… »

Ford a indiqué qu’aucun départ contraint n’interviendrait avant septembre 2019. Pour autant, aucun seuil minimum de salariés n’a été fixé par l’entreprise pour assurer les productions jusqu’à cette date d’après le compte-rendu de la réunion produit par la CFTC.

Dans celui-ci, on y apprend que le directeur de la division moteurs et transmissions à Ford Europe, Kieran Cahill, ose saluer « l’engagement des salariés dans des moments difficiles » et jurer ne pas « voir les choses en termes de fermeture d’usine… » Sans commentaire.

Les syndicats ouvriers ont déjà trois rendez-vous. Mercredi 13 juin, le comité de suivi, qui s’annonce agité, se tiendra à la préfecture, à Bordeaux. Une semaine plus tard, ils se rendront au siège de Ford Europe à Cologne pour protester à l’occasion de la réunion du comité d’entreprise européen du groupe.

Pour entretenir le soutien de la population, le 25 juin au cinéma des Colonnes de Blanquefort, la CGT organise une projection du film En Guerre en présence du réalisateur Stéphane Brizé et du romancier Edouard Louis. Bien que Philippe Poutou souhaite une meilleure fin à la saga des Ford :

« Nous ferons tout pour renverser le cours des choses, nous ne nous résignons pas ! »

L'AUTEUR
Simon Barthélémy et Xavier Ridon

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