Bordeaux va fixer des quotas de vélos, trottinettes et scooters en free floating
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Bordeaux va fixer des quotas de vélos, trottinettes et scooters en free floating

Pour faire face aux vols et au vandalisme, Indigo weel déploie à Bordeaux une nouvelle gamme de vélos plus résistants, et donne à ses utilisateurs des consignes pour les stationner. L’entreprise anticipe la « charte d’engagement des opérateurs de mobilité en libre-service et sans borne » de Bordeaux Métropole, qui va notamment limiter le nombre d’engins sur la voie publique.

Un peu plus d’un an après son démarrage à Bordeaux, Indigo weel veut se relancer. Malgré 300000 locations effectuées en 2018, le service de vélos en free floating (libre-service et sans borne) est victime de vols et de casses – aujourd’hui, 600 de ses vélos sont en circulation sur les 2000 initialement déployés -, mais aussi de la concurrence des trottinettes électriques.

L’entreprise déploie donc depuis ce mercredi plus de 300 nouvelles bécanes dans les rues bordelaises. Pour réduire le vandalisme et « améliorer la disponibilité des vélos », ceux-ci sont munies de roues à bâton (en alliage d’aluminium et de magnésium) et d’un nouveau système de cadenas connecté (avec une tige en acier et  un « meilleur système de géolocalisation »).

« Mauvaise presse »

Par ailleurs, « Indigo weel exigera de ses usagers que ses vélos soient stationnés à des endroits non dérangeants pour les autres utilisateurs de la voirie ». L’entreprise leur demande ainsi « de garer leur vélo sur du mobilier urbain (par exemple, des arceaux vélo) et de prendre une photographie du véhicule afin de terminer chaque location ».

« On réinvente le free-floating pour passer au semi-floating, conçoit Jean Gadrat, directeur général d’Indigo weel. Ces nouvelles offres de mobilité peuvent gêner – beaucoup de vélos sont mal garés, cela nous a fait beaucoup de mauvaise presse -, ont doit donc accompagner les usagers, les guider un peu pour que cela fonctionne. »

Indigo weel anticipe également de la sorte l’entrée en vigueur de la « charte d’engagement des opérateurs de mobilité en libre-service et sans borne », qui devrait être adoptée en mai par le conseil municipal de Bordeaux, puis par la métropole.

Charte sur un toit brûlant

Comme le révélait récemment La Tribune, les entreprises devront obligatoirement la signer pour pouvoir obtenir une autorisation d’occupation temporaire du domaine public. Elles s’engageront alors à ce que leurs clients respectent certaines consignes, dont celle de laisser les engins dans des zones spécifiques attribuées aux opérateurs (comme les V3).

Les vélos et les VAE (vélos à assistance électriques) devront en outre être obligatoirement stationnés contre des arceaux-vélos public, ou à proximité immédiate en cas de saturation. Jean-Louis David, adjoint au maire de Bordeaux en charge de la proximité, s’en explique :

« Toutes les offres de déplacements doux ou alternatifs qui permettent de proposer aux Bordelais des moyens différents que l’utilisation systématique de la bagnole nous intéressent. Mais il ne faut pas que l’espace public devienne un lieu où chacun fasse son commerce. On veut que les opérateurs participent avec nous au respect du code de la rue et du code de la route, et on veut pouvoir encadrer le nombre d’objets qu’ils déposent sur la voie publique. »

Limitations

Les entreprises seront ainsi limitées en termes d’appareils déployés. Les chiffres avancés aujourd’hui, et susceptibles d’être modifiés dans l’arrêté municipal soumis au vote, font état de 600 vélos par opérateur, 600 VAE, 200 scooters électriques et 200 trottinettes électriques.

« C’est une vraie contrainte, car je considère qu’il y a le potentiel pour 2000 à 2500 vélos à Bordeaux », estime Jean Gadrat.

Pour contourner ce problème, Indigo weel annonce donc son intention de lancer également à Bordeaux des VAE, des scooters et des trottinettes électriques. Et de devenir un acteur incontournable d’un marché très couru : une dizaine de sociétés proposant des trottinettes électriques ont contacté la mairie de Bordeaux.

Certaines, comme Lime, négocient actuellement leurs obligations avec la Ville, et ont retiré leurs appareils de la voie publique en attendant. D’autres, comme Wind, occupent toujours l’espace, et pourraient être menacées de voir leur matériel mis en fourrière, voire d’être traînées en justice si elles ne signent pas la future charte.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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