Nettoyage de la Jallère, la « décharge non-officielle » de Bordeaux
Ecologie 

Nettoyage de la Jallère, la « décharge non-officielle » de Bordeaux

Un collectif d’associations bordelaises organise, ce vendredi 3 et samedi 4 mai, un grand nettoyage à la Jallère. Une opération qui a pour but de s’opposer au projet d’aménagement de ce quartier, et de planter une forêt urbaine de 50 000 arbres.

Depuis des mois, elles se mobilisent contre l’aboutissement du projet d’aménagement des plaines de la Jallère, non loin du stade Matmut Atlantique.

Ce vendredi 3 mai, deux associations, ANV-Cop 21 et Youth for Climate Bordeaux, ont lancé le #TrashtagChallenge. Une quarantaine de bénévoles sont sur place dès 10h du matin pour cette première journée. Et ils arpentent les 44 hectares concernés (sur une zone de 95 hectares au total), bottes aux pieds et gants à la main.

Les bénévoles ramassent les déchets de la Jallère (ES/Rue89 Bordeaux)

Elus des champs

Plusieurs élus de gauche ont répondu à l’appel. Les premiers à se réjouir de cette initiative sont les Verts. Pierre Hurmic, qui avait déjà exprimé son opposition au projet d’aménagement, a salué non seulement cet appel mais a mouché le responsable du projet d’aménagement avec un cynisme non dissimulé.

Le socialiste Matthieu Rouveyre a aussi enfilé les gants et les bottes pour coller à la roue des écolos, même si le projet de forêt urbaine ne l’emballe pas plus que ça :

« Il faudrait un projet qui fédère tout le monde. Parfois, planter des arbres, ça peut-être contre-productif par rapport à l’objectif recherché », déclare-t-il.

Sur les réseaux sociaux, il affiche cependant de nombreuses photographies le montrant à l’œuvre.

Tas de pneus, récolté par les bénévoles, lors du grand nettoyage de la Jallère (ES/Rue89 Bordeaux)

Quand la nature reprend ses droits…

Bouteilles en plastique, canettes de soda, pare-brises de voitures, sous-vêtements et même game boy… C’est une chasse aux œufs revisitée à laquelle se livrent les militants, qui récoltent des déchets des plus « habituels » aux plus saugrenus. Certains sont en tas, d’autres enfouis sous quelques centimètres de terre.

« Ce qui est, entre guillemets, “rassurant” c’est qu’on peut voir que la végétation s’adapte,commente Alex, un bénévole. Elle pousse par dessus les déchets. Par contre, il faut bien creuser pour réussir à tout sortir ! »

Sur place, les déchets sont parfois à moitié enfouis (ES/Rue89 Bordeaux)

Depuis ce matin, la montagne de pneus ne cesse de s’agrandir. Des centaines sont ici entassés, plus ou moins décomposés par le temps. Pour Jean-Baptiste, coordinateur en chef chez Anv-COP21, hors de question d’amener ces déchets à la décharge :

« On les laisse ici pour que la mairie réagisse. Depuis ce matin on ramasse, d’accord, mais on ne va pas faire tout le taf à sa place. Un jour, elle se décidera à venir nettoyer ce qu’elle aurait dû nettoyer depuis des dizaines d’années déjà. »

Une quantité impressionnante de déchets et micro plastiques, qui n’empêche pas la zone d’héberger une centaine d’espèces d’animaux et de variétés de végétaux. Deux jours de ramassage ne suffiront pas aux bénévoles pour sortir la totalité des ordures, mais ils leur permettront de se projeter davantage dans le projet de forêt urbaine.

Forêt urbaine : un projet utopique ?

« Il y a 22 000 logements inoccupés à Bordeaux Métropole et ils veulent en construire 2000 ici ? » C’est l’argument phare des militants. Pour Jean-Baptiste, la question ne se pose pas : en automne des arbres seront plantés, coûte que coûte.

« Forcément, c’est plus simple de bétonner que de dépolluer. Ce qu’on fait, c’est dans l’intérêt commun. Nous voulons sanctuariser ce lieu et préserver cette zone en tant que zone naturelle et non bétonnée. »

Les initiateurs du projet feront toutefois appel à un écologue qui déduira si la dépollution du lieu est possible, s’il est préférable créer une forêt ou plutôt de s’orienter vers des clairières ouvertes. Une ferme urbaine est aussi envisageable.

Ce projet ne se réalisera toutefois que grâce aux dons et à la présence des bénévoles au ramassage de samedi et aux prochains à venir. Mais il verra difficilement le jour sans le soutien de la mairie.

L'AUTEUR
Esther Suraud
Étudiante à l'EFJ, journaliste en devenir

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