« Décrocheurs » : un militant écologiste de nouveau poursuivi en justice à Bordeaux
Brèves  Ecologie 

« Décrocheurs » : un militant écologiste de nouveau poursuivi en justice à Bordeaux

Un « décrocheur » de portraits présidentiels dans les mairies, qui avait déjà comparu en appel ce mercredi 24 juin avec sept autres militants du collectif écologiste ANV-COP21, vient d’être à nouveau convoqué par le Tribunal judiciaire de Bordeaux pour les décrochages dans trois communes du Médoc (Labarde, Queyrac et Saint-Vivien-du-Médoc).

Le 22 janvier prochain, ce militant d’ANV-COP21 en Gironde comparaitra, seul, alors que cinq d’entre eux avaient été entendus par la gendarmerie en juillet 2019 suite aux affaires de décrochage dans le Médoc et qu’environ une dizaine de militants y avait participé.

Autre source d’étonnement : la procédure a été lancée ce mardi 30 juin par le vice-Procureur de la République, Frédéric Kocher, quelques jours seulement après le procès en appel de huit militants du collectif à Bordeaux. Le prévenu d’ANV-COP21 est par ailleurs suspecté de recel de portraits présidentiels dans d’autres communes.

« Je ne suis pas vraiment surpris par cette nouvelle convocation, mais je le suis d’être le seul alors que nous avons tous eu la même implication, confie Eric, le militant d’ANV-COP21. C’est du travail en plus pour nous mais si on s’est lancé dans ce combat, c’est pour faire comprendre que l’urgence climatique doit entrer dans le droit, et en particulier dans la Constitution et les lois fondamentales. Cette nouvelle convocation s’inscrit donc dans la continuité de notre démarche. »

Eric, militant écologiste d’ANV-COP21, s’affiche sur Facebook devant le Tribunal Judiciaire de Bordeaux avec sa nouvelle convocation en justice (DR)

« Tentative d’intimidation »

Sur Facebook, le collectif ANV-COP21 Gironde se demande également ce que signifie cette convocation solitaire : « Tentative d’intimidation » ou de « casser la dynamique d’un groupe soudé » ? Ils n’ont pour l’instant pas de réponses à leurs interrogations.

Les mairies de Labarde, Ludon-Médoc et Saint-Vivien-du-Médoc, ont confirmé avoir déposé une plainte suite aux décrochages. La mairie de Queyrac s’est contentée d’une main courante après avoir récupéré le portrait.

« J’ai porté plainte pour le principe : on ne rentre pas dans un édifice public pour voler quelque chose, indique Matthieu Fonmarty, maire de Labarde. Personnellement, je ne pense pas que ce soit la bonne méthode : s’ils voulaient agir au niveau local ou venir sensibiliser dans les écoles, j’aurais été ouvert à les recevoir. »

Le collectif citoyen et écologiste, qui considère avoir déjà utilisé tous les moyens démocratiques à sa disposition, défend une action censée éveiller les consciences et alerter sur l’inaction climatique d’Emmanuel Macron, en dépit des engagements pris dans les Accords de Paris à l’issue de la COP21 en 2015.

L'AUTEUR
Marie Piquet
Journaliste en formation au CFPJ

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