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La statue de Chaban-Delmas travestie et baptisée Jacqueline en vue du 8 mars

Des activistes féministes ont « redécoré » la statue de Jacques Chaban-Delmas, sur la place Pey-Berland, pour dénoncer « les ravages que cause la condition de la femme oppressée par le patriarcat depuis la nuit des temps ».

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La statue de Chaban-Delmas travestie et baptisée Jacqueline en vue du 8 mars

Dans la nuit du 1er mars, des militantes ont habillé d’une robe violette la statue de Jacques Chaban-Delmas, et l’ont maquillée, ornée de bijoux, chaussée de talons et maculée de faux sang symbole des menstruations, afin d’appeler à « une mobilisation massive le lundi suivant, 8 mars, pour la journée de lutte pour les droits des femmes ».

« Rien n’est dégradant » pour le patrimoine public, assurent dans un communiqué diffusé ce lundi les activistes, issues notamment de plusieurs mouvements de désobéissance civile écologistes et féministes (ANV-Cop 21, Extinction Rebellion, Collages Féministes Bordeaux).

« La robe de Chaban-Delmas a été faite sur-mesure en tissu, les boucles d’oreilles sont collées à la Patafix, le sang est du faux sang maison qui s’en va à l’eau, même les ongles sont des gommettes », précisent les militantes, qui ont mené plusieurs actions les jours précédents, visant par exemple des panneaux publicitaires et certaines devantures, pour dénoncer le publisexisme – une série dénommée « Dites la vérité ».

« Entre nous, quel est le plus dégradant, une statue redécorée le temps d’une nuit ou les ravages que cause la condition de la femme oppressée par le patriarcat depuis la nuit des temps ? », interrogent-elles.

Jacques travesti Photo : Ken Wongyoukhong/DR

Un « œil attentif » sur la mairie

Le choix de la statue, rebaptisée Jacqueline et accoutrée au grand dam du petit-fils de l’ancien Premier ministre et maire de Bordeaux, Guillaume Chaban-Delmas, élu d’opposition au conseil municipal, « s’est fait de manière aléatoire », poursuivent les activistes.

« Que ce soit Jacques Chaban-Delmas, Montaigne ou Montesquieu, peu nous importait, nous voulions travestir une figure masculine au cœur du centre-ville, Jacques, place Pey Berland, s’y prêtait parfaitement », et ainsi « mettre en exergue la communauté LGBTQIA+, encore peu reconnue dans le système – comme le sang pour celui des règles, “encore trop tabou de nos jours” ».

Un texte de Virginie Despentes et une banderole « Ensemble le 8 mars » complétaient l’installation. Ses auteures voulaient ainsi « sonner l’alarme féministe » après les « derniers évènements bordelais, à savoir le 12e féminicide et l’affaire Benoit Simian« , et appellent à manifester le lundi 8 mars à 14h place Stalingrad.

La statue a depuis retrouvé son allure habituelle. Quant aux militantes, elles disent garder « un œil attentif » sur le programme et l’équipe de Pierre Hurmic, qui ont la capacité de « stopper la publicité sexiste dans l’espace public, subventionner et soutenir davantage le travail des associations féministes, démultiplier les logements d’urgence, prévenir le harcèlement de rue, les violences conjugales, lutter contre la précarité menstruelle » ou encore « développer une plus grande pédagogie du genre en milieu scolaire ».


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