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Alain Anziani propose 354 millions d’euros de Bordeaux Métropole pour les LGV vers Toulouse et Dax
Société 

Alain Anziani propose 354 millions d’euros de Bordeaux Métropole pour les LGV vers Toulouse et Dax

par Simon Barthélémy.
Publié le 19 novembre 2021.
Imprimé le 01 décembre 2021 à 22:25
1 313 visites. 1 commentaire.

Le soutien financier de Bordeaux Métropole au grand projet ferroviaire du Sud Ouest se limitera aux aménagements ferroviaires du sud de Bordeaux, conformément à l’accord entre la gauche et les écologistes. Mais la délibération qui sera débattue la semaine prochaine prévoit la participation de la collectivité à l’établissement public local en charge du financement des deux LGV, ce que conteste EELV. Au risque d’ouvrir une crise politique à la métropole ?

Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole a indiqué ce jeudi 18 novembre que la délibération sur le GPSO (grand projet ferroviaire du Sud Ouest, les LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax), dont le conseil débattra la semaine prochaine, proposera un financement de 354 millions d’euros de la collectivité, fléché vers les aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux.

Ces travaux destinés à faire sauter le « bouchon ferroviaire » dans l’agglomération prévoient notamment la construction d’une troisième voie entre Bègles et Saint-Médard-d’Eyrans. Leur financement figurait dans l’accord programmatique entre les socialistes, les communistes les écologistes pour la gestion de la métropole.

« Je tiens à respecter ma parole et mes engagements, a indiqué ce jeudi Alain Anziani, à l’issue d’une réunion des commissions de la métropole. Notre pacte de gouvernance prévoit de ne pas financer GPSO, sauf sur les AFSB et la délibération précise que nous ne financerons que les AFSB. Mais si vous êtes contre GPSO il faut être contre les AFSB, qui en sont la rampe de lancement. »

« On peut avoir des divergences »

Pierre Hurmic estime cependant nécessaires ces aménagements, destinés à faire circuler davantage de TER pour desservir l’agglomération bordelaise. Si ce point devrait donc satisfaire le groupe écologiste, ce dernier risque toutefois de ne pas voter le texte.

La délibération actera en effet la participation de la métropole au futur établissement public local (EPL), en charge de lever de nouveaux impôts (24 millions d’euros par an) pour financer l’ensemble des infrastructures – les deux LGV, les aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux et au nord de Toulouse. Or les écologistes contestent leur pertinence.

« Je respecte la position des Verts, déclare Alain Anziani. Il y a des limites comme le vote du budget, ceux qui ne le votent pas ne sont plus dans la majorité. Pour le reste on peut avoir divergences et les assumer mais cela crée une situation politique nouvelle qui m’oblige car je n’ai pas de majorité. Je dois donc voir ailleurs qui peut supporter ce projet. »

Majorité introuvable ?

Sans les 32 élus écolos (sur 104 sièges) à la métropole, les socialistes (30 sièges) et les communistes (3 sièges) ne sont en effet pas majoritaires. Alain Anziani devra trouver d’autres alliés, du côté de La République en marche (4 voix) et de la droite. Métropole Commune(s), le groupe de l’ancien président Patrick Bobet, pourrait conditionner son soutien à un changement de la gouvernance de la métropole, notamment le retour de tous les maires au bureau, l’exécutif de l’intercommunalité.

Le président de la métropole n’écarte pas cette hypothèse – « il vaut mieux que tout le monde soit autour d’une table » -, sans y voir spécialement un come-back de la cogestion : « Personne ne demande retour à la cogestion avec des délégations données aux élus de la minorité, et je ne le propose pas », assure-t-il.

Sur le fond, Alain Anziani martèle l’intérêt pour la métropole de « ne pas voir passer les trains », et de participer au pilotage de cet EPL, qui devra notamment financer les infrastructures du RER métropolitain.

« Je rappelle l’intérêt de créer cette société de financement qui va encaisser deux taxes prévues dans le projet de loi de finances, reprend Alain Anziani. L’EPL encaissera les produits de ces taxes, qui viendront en déduction des parts des collectivités », et serviront à contracter un emprunt de 2 à 3 milliards.

Et pour quelques milliards de plus

Voté ce 12 novembre par l’Assemblée nationale – « en catimini pour faire payer les délires pharaoniques d’Alain Rousset et Emmanuel Macron », dénonce le député (France insoumise) de Gironde Loïc Prud’homme – cet « impôt LGV » se compose d’une « taxe spéciale d’équipement »sur le bâti et le non-bâti, et d’une taxe sur les bureaux. Elles viseront tous les contribuables situés à moins d’une heure d’une gare desservie par la future LGV.

Mais ces nouvelles ressources fiscales ne financeront qu’une toute petite partie des 14 milliards d’euros d’investissements nécessaires pour réaliser ces deux lignes. Actuellement, et malgré cette annonce d’Alain Anziani, le tour de table est très loin d’être bouclé. Selon les clés de répartition des financement, les collectivités de Nouvelle-Aquitaine doivent contribuer à hauteur de 2,6 milliards d’euros.

Or plusieurs d’entre elles, dont les départements du Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantique, ont prévenu qu’elles ne remettraient pas au pot. Le temps presse pour la Région Nouvelle-Aquitaine, qui prévoit de présenter son plan de financement le 13 décembre.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, cofondateur de Rue89 Bordeaux

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