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Enseignant assassiné à Arras : une minute de silence observée au lycée Michel Montaigne

Un hommage a été rendu à Dominique Bernard dans la cour de l’établissement en présence de la rectrice de l’Académie de Bordeaux et du maire, après l’inauguration du square Samuel Paty.

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Enseignant assassiné à Arras : une minute de silence observée au lycée Michel Montaigne
Hommage à Dominique Bernard et Samuel Paty dans la cour du lycée Montaigne, lundi 16 octobre

Trois jours après l’attaque au couteau au lycée Gambetta-Carnot d’Arras, qui a coûté la vie à Dominique Bernard, professeur de lettres, et trois ans après l’assassinat de Samuel Paty, la communauté éducative du lycée Michel-Montaigne, dans le quartier de la Victoire, s’est recueillie. À 14h, comme partout en France, un minute de silence a été observée.

« Face à ces attaques odieuses nous réaffirmons avec force les valeurs fondamentales de notre République », a réagi le proviseur du lycée, Didier Leroy-Lusson :

« L’école incarne les principes de la République. Elle est le pilier de notre société et le berceau de notre avenir commun. Ensemble, il faut rester unis dans nos engagements à préserver ces valeurs et à défendre l’éducation, source de lumière et d’espoir. »

« Héros tranquilles »

La rectrice de l’Académie de Bordeaux, Anne Bisagni-Faure, a apporté son soutien. « Je fais bloc avec vous », a-t-elle dit aux enseignants et personnels rassemblés :

« Samuel Paty et Dominique Bernard ont été assassinés parce qu’ils étaient enseignants. C’est la fonction qui a été visée et, à travers elle, l’école. »

« Si l’école existe c’est pour faire de vous des citoyens émancipés, responsables et libres », a lancé aux élèves Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux, qui avait inauguré en fin de matinée le square Samuel-Paty à Caudéran :

« Robert Badinter a décrit Samuel Paty comme un héros tranquille. Des centaines d’autres enseignants sont précisément ces héros tranquilles, comme Dominique Bernard. Ils sont présents tous les jours à vos côtés pour vous aider à devenir des individus égaux. À Montaigne, comme ailleurs, ces valeurs seront toujours plus fortes que l’ignorance et l’obscurantisme. »

« Difficile d’échanger »

Ce lundi matin, un « temps d’échange et de recueillement » a eu lieu au sein de l’équipe éducative. Les cours n’ont commencé qu’à 10h. « Aucun enseignant n’a souhaité s’exprimer », décrit le proviseur, qui évoque un moment « digne ». En effet, à l’aune du rassemblement de début d’après-midi, rares sont les professeurs à vouloir parler publiquement.

« C’est difficile d’échanger, ce matin c’était un silence assourdissant qui régnait », témoigne Séverine Braud, professeure d’arts plastiques :

« Il faut avancer et rassurer les élèves. Personnellement je n’ai pas peur, ce sont des actes commis par des personnes déstabilisées. »

Dans la cour du lycée, pourtant, certains élèves font part de leurs craintes, à l’instar d’Emma, 16 ans, en classe de première :

« C’est inquiétant. On croit qu’on est protégé dans l’école, alors que tout peut arriver. »

« On fait attention à ce qu’on dit », témoigne Francesca, elle aussi en première :

« Je voulais faire un exposé sur la condition des femmes en Afghanistan. C’était un an après l’assassinat de Samuel Paty. Mes parents m’ont dit de ne pas le faire, que ça pouvait être mal interprété par certains élèves. »

Sécurité

Face au choc vécu par la communauté éducative, la rectrice de l’Académie tient à rassurer les personnels et les parents d’élèves sur le volet sécuritaire :

« Les identités sont vérifiées et il y a un contrôle visuel des sacs à l’entrée des établissements. Le niveau de vigilance est relevé. Une cellule d’écoute est ouverte depuis vendredi pour la communauté éducative. Il ne faut aussi pas hésiter à signaler tous les messages haineux qui peuvent alerter sur les réseaux sociaux à la plateforme Pharos. »

Il a également été demandé aux chefs d’établissements de vérifier la mise à jour du Plan particulier de mise en sûreté (PPMS).

« Il a été mis en place à Arras et il a probablement évité qu’il y ait d’autres victimes. Depuis les attentats de Charlie Hebdo, un professionnalisme a été développé », abonde Anne Bisagni-Faure.

D’ici Noël, un exercice intrusion-attentat sera réalisé dans les établissements de l’Académie.

Par ailleurs, des rassemblements en hommage à Dominique Bernard se sont déroulés ce lundi devant les mairies de plusieurs communes de Gironde (Cenon, Villenave d’Ornon…), ainsi que sur la parvis des Droits de l’Homme à Bordeaux, en fin de journée, à l’appel des syndicats enseignants.


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