La lutte contre la pollution de l’air trop « timide » à Bordeaux Métropole
Ecologie 

La lutte contre la pollution de l’air trop « timide » à Bordeaux Métropole

La métropole bordelaise est 6e sur 12 pour ses actions engagées contre la pollution automobile, selon un classement des grandes villes de France  établi par Réseau Action Climat, Greenpeace et l’Unicef. « Bordeaux doit accélérer sa transition vers des modes de transport durables », estiment ces ONG dans un rapport publié ce mercredi.

L’étude des ONG Greenpace, Réseau Action Climat (RAC) et Unicef « passe au crible des enjeux clés », dont la réduction de la place de la voiture ou les aides financières pour changer de mode de transport, le développement du vélo… Objectif : « aider les collectivités à mettre en œuvre les mesures qui amélioreront la qualité de l’air pour leurs habitant-es ». 

Dans leur classement qui place Paris, Grenoble et Strasbourg sur le podium, Bordeaux occupe une 6e place, ses politiques contre la pollution de l’air étant jugées « encore timides ».

Bons points

Les associations accordent à la métropole « quelques bons points sur la thématique vélo« . Elles soulignent qu' »entre 2008 et 2017, la part modale de la bicyclette est passée de 4 à 7,7 % dans la métropole, et de 8 à 15 % pour la seule ville-centre, juste derrière Strasbourg. »

Elle relèvent par exemple « un budget vélo par habitant et par an élevé (un peu plus de 20€ par habitant et par an) et une importante offre de stationnements, par rapport à la plupart des autres agglomérations ».

Si elles estiment que la métropole « doit en revanche avancer sur la mise en place d’un réseau express vélo« , Greenpeace, le RAC et l’Unicef saluent l' »opération emblématique » conduite à Bordeaux : la réservation de son pont de pierre aux piétons, aux cyclistes, aux tramways et aux bus, « décision opérée en parallèle de la généralisation du stationnement résidentiel payant dans la quasi intégralité du centre-ville ».

« Ces mesures positives ne sont malheureusement pas assez appliquées à l’échelle métropolitaine. La capitale de l’Aquitaine n’a pas mis fin à l’élargissement de la rocade ouest de 2 à 3 voies. »

Point noir

Le rapport distingue surtout un « gros point noir » à Bordeaux :

« Ses élus ont décidé de suspendre et reporter le projet de mise en place d’une zone à très faibles émissions (ZFE), malgré les études qui ont montré son intérêt pour protéger la population de la pollution de l’air et malgré l’élaboration de scénarios qui auraient pu conduire jusqu’à une sortie du diesel dans le centre de Bordeaux à horizon 2030. »

Lancées suite aux dépassement successifs des seuils d’alerte pollution dans les agglomérations européennes, ces zones visent à restreindre l’accès au centre des véhicules les plus polluants. Paris et Strasbourg se sont engagés dans cette voie. Finalisé, le projet de ZFE bordelaise reste lui dans les tiroirs de la métropole depuis des mois.

Les enfants oubliés

Les associations de défense de l’environnement rappellent pourtant dans leur rapport que cela deviendra « une obligation pour les agglomérations les plus polluées, d’ici à fin 2020, dans le cadre de la loi d’orientation des mobilités qui vient d’être adoptée définitivement par le Parlement ».

Côté offre de transports en commun, « Bordeaux se distingue positivement », mais « les associations locales soulignent les enjeux d’une meilleure utilisation des voies ferrées et gares existantes et d’une coopération avec la Région sur les TER ». Soit le projet tout juste initié de RER métropolitain.

Enfin, les trois ONG déplorent que les communes de l’agglomération bordelaise n’aient « aucun plan d’action d’ampleur pour changer les habitudes de déplacement des parents et protéger la santé des enfants » – très sensibles à la pollution de l’air. Ce même s’il « existe dans la métropole de Bordeaux au moins une rue scolaire (rue Barada) fermée à la circulation motorisée les matins et soirs ».

Bordeaux « trop en retrait »

Mais « aucune des villes étudiées ne va aujourd’hui assez loin pour protéger efficacement ses habitant-es de la pollution de l’air », notamment en sortant résolument du tout-voiture. Paris est « la seule à avoir programmé une sortie complète du diesel et de l’essence et à disposer d’une zone à faibles émissions opérationnelle pour tous les types de véhicules ».

« Lille, Bordeaux, Rennes ou Toulouse restent trop en retrait sur l’ensemble des thématiques considérées (régulation du trafic automobile, développement des alternatives à la voiture, aides à la transition, etc.) »

Enfin, Montpellier, Nice et Marseille, « très en retard » sur tous ces sujets, sont « positionnées en toute fin de classement. 

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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