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Des associations bordelaises pour « un printemps contre les fachos »

200 personnes environ ont répondu à l’appel de plusieurs associations ce 21 mars, journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. D’autres rendez-vous sont prévus, notamment à l’occasion des procès des attaques racistes de Saint-Michel et LGBTphobes de la Marche des fiertés.

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Des associations bordelaises pour « un printemps contre les fachos »

Un rassemblement s’est tenu ce mardi à 18h sur le parvis des Droits de l’Homme à Bordeaux, à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Environ 200 personnes sont venues dénoncer les agissements de groupuscules d’extrême-droite, notamment les actes de dégradation et les violences commises ces derniers mois.

Sous la bannière « Pas de printemps pour les fachos à Bordeaux », plusieurs acteurs associatifs, et également des élus, sont venus défendre « les valeurs humanistes » en ce 21 mars, premier jour du printemps.

Lettre au Préfet

Sandrine Malet, membre du bureau national de SOS Racisme, a lu un extrait d’un texte signé par de nombreuses associations (voir en fin d’article).

« Depuis le mois de juin dernier, plusieurs organisations ont été prises pour cible à Bordeaux par l’extrême droite et ses groupuscules. Les cibles récurrentes sont les associations de soutien aux immigrés et de lutte contre le racisme, les discriminations, le sexisme et la LGBTQIphobie. […] Cette multiplication d’actions “coup de poing” et violentes menées dans l’espace public par une frange de l’extrême droite agissant masquée et bien souvent de nuit, illustre la véritable nature de ce courant politique : la haine de l’Autre dès lors que cet Autre incarne une différence, y compris de pensée, la violence comme moyen d’actions visant à semer la terreur et à déstabiliser la démocratie. »

Elle a ensuite annoncé qu’une délégation a été reçue par le préfet de la Gironde, Etienne Guyot. Une lettre lui a été remise afin de demander « aux services de l’État français, d’assurer la protection de ces associations et de tout faire pour enquêter sur ces attaques à répétition ».

« Nous ne pouvons pas laisser les murs de la ville de Bordeaux se couvrir de propos injurieux, incitant à la haine de l’autre, signes d’une extrême-droite décomplexée. Nous ne pouvons pas avoir peur lorsque nous défendons les causes qui sont les nôtres », peut-on lire dans la lettre.

Sur le parvis des Droits de l’Homme, ce 21 mars Photo : WS/Rue89 Bordeaux

Un printemps contre les fachos 

Stéphanie Pichon, présidente d’Asti (Association de Solidarité avec Tous les Immigrés) a dénoncé la « droitisation extrême du débat politique autour de l’immigration » faisant référence au projet de loi Darmanin sur une immigration choisie. Elle a appelé à un rassemblement ce samedi 25 mars place Pey-Berland à 14h pour confirmer « un printemps contre les fachos ». 

Erwan Nzimeny, président de SOS Racisme Gironde, s’est félicité de voir « qu’à Bordeaux, on peut se mobiliser contre le racisme » et demandé à ce que « l’anti-racisme soit la base de toutes les politiques publiques ». Annie Carraretto, co-présidente du Planning Familial de Gironde, a, de son côté, appelé à « construire une autre société inclusive et apaisée ».

Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux, s’est également exprimé. Il a annoncé son audition ce mercredi dans le cadre d’une mission parlementaire qui enquête sur le « terrorisme d’extrême droite ». Ce travail est mené par le député écologiste Aurélien Taché en vue d’une proposition de loi.

« Je signifierai votre colère, a promis le maire écolo. Bordeaux est repéré pour les agressions de l’extrême droite mais aussi parce que la ville témoigne d’une vitalité pour se mobiliser contre l’extrême droite. » 

En suivant, le député LFI Loïc Prudhomme a fait « le lien direct entre le projet de société » de ces groupuscules et celui des députés RN, illustré par les propos racistes de Grégoire de Fournas à l’Assemblée nationale.

Procès des militants d’extrême-droite

Les associations appellent également à un rassemblement jeudi 23 mars à 8h devant le tribunal pour soutenir les victimes et les parties civiles du procès qui se tient au tribunal correctionnel de Bordeaux. Vont y comparaître huit membres de groupuscules d’extrême droite accusés dans l’affaire des violences du quartier Saint-Michel la nuit du 24 au 25 juin 2022.

Deux des huit suspects sont par ailleurs convoqués le 7 avril au même tribunal dans l’affaire d’actes LGBTphobes relevés lors de la dernière Marche des fiertés le 12 juin dernier. Un rassemblement y est également prévu.

Près d’une trentaines d’actes ont été recensés depuis novembre 2022. L’ASTI Bordeaux a été taguée à trois reprises, SOS Racisme par deux fois, avec des slogans racistes, xénophobes et haineux tout comme la Cimade, les Hébergeurs Solidaires de Bordeaux, le Boulevard des potes, les mosquées de Pessac et de Saint-Michel.

Le planning familial de la Gironde et l’union locale mérignacaise de la CGT ont également été visées à plusieurs reprises ainsi que des députés, soit par la dégradation de leur permanence ou l’interruption d’une conférence. Des passages piétons arc-en-ciel ont régulièrement été vandalisés ainsi qu’une plaque pédagogique sur le passé esclavagiste rue Colbert.

Les premières associations signataires : AC ! Gironde, ASTI Bordeaux, ATTAC 33, Boulevard des Potes, CIMADE, CLAP 33, CGT’éduc, Collectif AntiCRA, Collectif Jaunes, FSU 33, Extinction Rébellion, Espace QG, Handi-social, La clé des ondes, Le Girofard, LDH 33, Les hébergeurs solidaires, NousToutes33, Planning Familial, RESF, SOS Racisme 33, UJFP Aquitaine, Youth for Climate… 
Ainsi que les courants politiques : Ensemble !, LFI, Nouvelle Donne, NPA… 


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Photo : SB/Rue89 Bordeaux

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